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Commentaire
La Cité réalise également de grandes expositions temporaires, tel que ce projet sur l’emballage. Une exposition qui met l’accent sur la présence de la technologie dans notre vie quotidienne.
Pierre Saliot
On voulait choisir un sujet industriel, euh, et un sujet industriel qui touche les gens de très près, euh, et ça faisait un petit moment que on cherchait un sujet comme ça, sur un, des objets très familiers, mais en même temps très riches. Et on a été frappés, euh, dans une première étude, de voir à quel point l’emballage est devenu technique, compliqué, euh, porte de plus en plus de fonctions, et qu’il représentait assez bien l’évolution des matériaux, telle qu’elle est en train de se faire maintenant. Évolution des matériaux qui implique une recherche scientifique forte derrière, puisque les matériaux deviennent intelligents, puisqu’on demande de plus en plus ; et il y a une espèce de miracle dans l’emballage qui est un miracle, euh, euh, scientifique, industriel, puis, en même temps, quelque chose de très bizarre dans la consommation, puisque cet emballage, il nous fascine, il fait vendre, on a essayé de le dire, et en même temps, on en est mal à l’aise de, de cet emballage. Et cette idée à la fois de, de la séduction, euh, technologique, et du malaise que ça crée, pour nous c’était assez dans l’esprit de ce qu’on veut dire.
Commentaire
Mais comment passer de l’idée à l’acte ? Comment créer une exposition qui permette de comprendre l’emballage et son impact social, historique et économique ?
Pierre Saliot
Euh, on a voulu, après, montrer des objets industriels, et on a choisi, euh, des systèmes de, euh, de, de transport, de transport des emballages, plusieurs types de chaînes de convoyeurs qui fonctionnent à la vraie vitesse en vraie grandeur, mais qui montrent ces objets dans le détail en fonctionnement. Nos visiteurs se promènent au-dessus du verre, au-dessus de ces machines en mouvement. Pour moi, c’est un objet de musée, à l’échelle de la Cité, hein, euh, un système de convoyage qui travaille en cadence réelle. Bon, la réalité, là, devient un objet de musée.
Commentaire
Ce musée représente une phase moderne de l’évolution de la muséologie. Avant, on ne pouvait que regarder. Maintenant, on nous invite aussi à toucher, ce qui rend la relation entre musée et visiteurs beaucoup plus dynamique.
Pierre Saliot
Je pense que une exposition se doit d’être interactive. Euh, je crois que cette notion est née d’une forme de rejet des musées d’art où l’objet était un objet de respect et de culte et ne devait pas être touché. L’idée de toucher des éléments de l’exposition a fondé un certain nombre de musées expérimentaux où l’approche de la science était celle du petit savant.
Tout peut être interactif, y compris – quelque chose qui peut être très beau et qu’on observe quelquefois ici – un visiteur en arrêt devant un beau texte bien fait et qui prend plaisir à le lire. Pour moi, c’est sans doute une des plus belles interactivités, et je pense que si quelqu’un qui sort de l’exposition a réussi à avoir une interactivité forte avec un beau texte, ou un bon texte, et qu’ensuite il va chercher un livre, eh bien c’est merveilleux parce que on recolle deux cultures différentes, et, et c’est important, je crois.
Ce qu’on voudrait, c’est, je crois, euh, surtout qu’en sortant, ils, ils se sentent, euh, responsabilisés par rapport à cette culture. On aimerait surtout qu’ils reviennent à cette préoccupation, euh, parce qu’on pense, je dirais – et peut-être là, on veut les conduire à cette conclusion – que, euh, ne pas se préoccuper, ne pas vouloir faire une place dans sa culture personnelle à la technique, à la science, à l’industrie – je dis bien les trois, parce que c’est important, ces activités se complètent, c’est elles qui font qu’on vit comme on vit maintenant.
C’est très important que cette dimension soit ressentie par les gens comme une dimension de culture. Ça n’est pas qu’une dimension politique, les choix scientifiques et les choix industriels ne sont pas que politiques, ils ne sont pas qu’économiques, ils sont culturels. C’est notre vie, et c’est le sens qu’elle a.