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Commentaire
Située dans un quartier populaire du nord de Paris, la Cité des sciences et de l’industrie est l’un des grands projets de l’État français. Son but : que chacun ait accès au monde scientifique et technique, dans un pays où le public n’associe pas toujours culture scientifique et culture générale.
L’objectif, c’est qu’un vaste public visite ses expositions, participe à ses activités multimédias, utilise sa grande bibliothèque scientifique et puisse comprendre le rapport qui existe entre la science et le monde qui nous entoure.
Plus de cinq millions de visiteurs viennent chaque année à la Cité pour approfondir leurs connaissances ou tout simplement y passer un moment de loisir.
Félix, robot d’accueil
Bonjour, bienvenue à la Cité des sciences et de l’industrie.
Commentaire
Le projet de la Cité est de mettre les sciences à la portée de tous. Mais est-ce demander l’impossible ?
Réal Jantzen
À l’époque de la création de la Cité des sciences, il y avait une rupture entre la culture humaniste traditionnelle en France, et la culture scientifique. Le projet de la Cité voulait essayer de marier ces deux cultures pour essayer de mettre la science en culture. Le deuxième grand point me semble être le fait que la France à cette époque, et, et toujours maintenant, est un grand pays industriel et scientifique. Les Français l’ignoraient, et il fallait un grand outil culturel pour leur permettre de, euh, considérer la science et la technique françaises à leur juste niveau. Et puis je crois, troisième point, la science et la technique ont envahi considérablement notre univers culturel, notre univers quotidien. Euh, lorsqu’on va parler d’énergie, on va parler d’environnement, lorsqu’on va parler, euh, d’information, on va parler de démocratie. Il y a aussi un deuxième objectif : c’est le fait que la Cité est un outil d’éducation informel, et sans se chercher à se substituer, euh, aux organismes traditionnels d’éducation, comme l’Éducation nationale, nous faisons en sorte que nous proposons une pédagogie différente, différenciée, euh, qui fait que petit à petit, le système éducatif puisse changer, notamment en introduisant des méthodes d’expérimentation.
Commentaire
Au cœur de la Cité des sciences se trouve la Cité des enfants. Les adultes n’y ont accès que s’ils sont accompagnés. Cette idée s’appuie sur des recherches en psychopédagogie de l’enfant.
La Cité est un espace privilégié où parents et enfants communiquent par le biais du jeu et de l’observation.
Réal Jantzen
L’approche que nous avons choisie à la Cité des enfants est une approche concrète. C’est-à-dire que nous avons délibérément favorisé l’expérimentation, la manipulation par le jeu. On sait que l’enfant à cet âge-là a besoin de toucher, de manipuler. Euh, il a besoin d’un contact sensible, direct, avec les objets. Et de ce fait, tout est fait à la Cité des enfants pour accéder directement à tous les objets. C’est une pratique expérimentale qui fait que par le jeu, par la manipulation, on se pose des questions, et bien évidemment, on progresse dans la découverte des sciences et des techniques. C’est çà l’approche fondamentale de la Cité des enfants.
Il y a un élément que j’aime beaucoup par exemple, c’est celui qui permet de voir, euh, son squelette. Vous savez, on pédale sur un vélo, et, euh, son image s’inscrit dans un miroir et on voit son squelette, euh, euh, incrusté dans son propre corps. C’est un moment fort pour les enfants, beaucoup plus fort que pour le spectateur, parce que c’est sa propre image.
C’est un élément qui a demandé énormément de recherche et de préparation. Et puis nous avons fait d’ailleurs aussi des recherches après pour savoir comment, euh, cela modifiait, euh, l’image que les enfants avaient de leur squelette. Et on s’est aperçus par exemple, que pour ceux qui l’utilisaient, euh, dans des activités scolaires, qui faisaient une enquête, qui ensuite, euh, répondaient par écrit à un questionnaire, on s’est aperçus que, euh, les différents membres, euh, avaient, lorsqu’ils les dessinaient, avaient une proportion proche du réel, alors qu’avant, euh, pour eux, le squelette, c’était ni plus ni moins qu’un sac d’os à l’intérieur du corps.
J’aime bien aussi, euh, la découverte de la fourmilière. La fourmilière est un, euh, grand domaine, euh, social où on voit, euh, toute l’organisation. Là, on force l’observation des enfants, des adultes aussi qui viennent là, et qui s’amusent beaucoup. Et donc de ce fait-là, on voit quelque chose de naturel, de vivant. On voit un écosystème vivre.