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Module 1 : Développement personnel – Impact de l’estime de soi sur l’apprentissage

Section numéro 1 : Comment mieux connaître les élèves ?

Question clé: Pouvez-vous aider les élèves à explorer qui ils sont, d’une manière adaptée et stimulante ?

Mots clés: gestion de la classe, interrogation, groupe de travail, réflexion, regroupement des données, respect, délicatesse

Résultats de l’apprentissage

À la fin de cette section, vous aurez :

  • développé vos compétences dans l’organisation de la classe, d'une manière qui aidera les élèves à se respecter les uns les autres;
  • développé vos compétences à poser des questions encourageant la réflexion;
  • utilisé différentes manières de regrouper des données permettant aux élèves d’examiner qui ils sont.

Introduction

Nous apprenons tous mieux lorsque nous sommes à l'aise et en sécurité. En tant qu’enseignant(e), un de vos principaux rôles est de parvenir à un environnement de classe coopératif, où chacun peut pleinement participer et se sentir respecté(e), où ses idées sont écoutées.

Cette section explore la manière d’y parvenir, en examinant les différentes façons d'organiser la classe. Vous aiderez les élèves à apprendre comment traiter les autres avec respect, en :

  • les aidant à comprendre leurs similarités et leurs différences ;
  • leur demandant de partager leurs opinions et ce qu’ils ressentent ;
  • leur donnant des travaux qui leur permettent de poser des questions aux autres et d’écouter les réponses.

1. Mettre l’accent sur les similarités plutôt que sur les différences - travail de groupe

Les jeunes enfants identifient souvent plus facilement les différences que les similarités. Dans cette section, nous montrons deux manières d’organiser vos élèves, qui les aideront à explorer les différences et les similarités.

Ils vont :

  • apprendre à partager des informations et à participer à des discussions ;
  • apprendre des choses sur eux-mêmes et sur les autres ;
  • améliorer leur estime de soi, en réalisant que leurs idées sont autant appréciées que celles des autres.

En tant qu’enseignant, il est important que vous encouragiez cela – si vos élèves comprennent leurs similarités et mettent leurs différences en valeur, ils auront plus de considération les uns pour les autres. Vous devez vous comporter comme un modèle, en traitant vos élèves de façon juste et équitable.

Avant de commencer, il serait bien de réfléchir à tout cela et de vous demander si vous traitez vos élèves avec respect. Avez-vous parfois eu une « mauvaise journée » et les avez grondés sans bonne raison ? Avez-vous des « chouchous » avec lesquels vous vous comportez plus gentiment qu'avec les autres ? Si vous pouvez répondre honnêtement à ces questions, vous pourrez prendre des mesures pour vous assurer que vos élèves sont traités de façon juste et respectueuse.

Pour travailler de cette façon, il vous faudra vous poser des questions qui vous aideront à préparer ces activités, en particulier: Quelles sont les questions qu’il faudra que les élèves se posent entre eux ? Quelles sont les informations qu’ils devront trouver ? Est-ce qu’ils travailleront par groupes ? En groupe de deux ? Comment est-ce que vous allez organiser le travail ? Comment allez vous leur donner les instructions pour effectuer ces activités ? Voyez ce que fait l'enseignant de l'Étude de cas 1 avant d'essayer de réaliser l'Activité 1 avec votre classe.

Étude de cas 1: Travailler en groupes pour explorer les similarités

Sossou enseigne dans une école primaire rurale de Agomé-Séva, au Togo. Il travaille avec ses élèves pour établir un environnement de classe positif. Il examine les similarités et les différences de ses élèves, et leur demande de réfléchir en quoi ils sont tous les mêmes.

Pour commencer, la classe entière fait des phrases, par ex.: « Nous aimons tous manger », « Nous allons tous à l’école ». Ensuite, il les répartit en groupes de cinq pour réfléchir à cinq phrases qui du type: « Nous…tous… » ; un élève de chaque groupe qui écrit les phrases sur un morceau de papier.

Après dix minutes, chaque groupe lit une des phrases, tout haut. Si la classe est d’accord avec la phrase, Sossou l’écrit au tableau.

En utilisant les phrases, il montre à la classe tous les points qui sont en commun :

  • par exemple, physiquement – « Nous avons tous une peau »,
  • par exemple, le fait que nous ressentons tous les mêmes impressions – « Nous nous sentons tous heureux »,
  • par exemple, la situation – « Nous sommes tous élèves à l’école ».

Sossou est satisfait des idées de sa classe et il envisage d’utiliser tout cela comme point de départ pour étudier les différences.

Activité 1: « Est-ce que nous sommes pareils ? »

Lire Ressource 1 : Similarités et différences, avant de commencer cette activité.

Pour introduire l’idée de « pareil », commencez par poser des questions faciles. Prenez deux crayons et demandez: « Est-ce qu’ils sont pareils ? Pourquoi ? »

Montrez un crayon et un stylo. Demandez: « Est-ce qu’ils sont pareils ? Pourquoi ? »

Répétez cela, avec des objets différents.

Demandez à deux enfants d’avancer vers l’estrade. Demandez: « Est-ce qu’ils sont pareils ? »

Faites attention. Si ce sont deux filles, les élèves devraient dire « Oui ! ». Si c’est une fille et un garçon, ils diront sans doute « Non ! ». Mais il est possible qu’ils donnent d’autres réponses, par exemple les enfants peuvent être de la même taille ou avoir le même prénom.

Organisez la classe en groupes de deux. Demandez-leur de s’examiner réciproquement, en considérant des choses comme la taille, la pointure et éventuellement les cheveux, les yeux, etc. et de faire la liste des choses en quoi ils sont similaires.

Faites-leur partager leurs idées, un groupe donnant une idée à la fois.

Est-ce qu’ils se sont écoutés entre eux ? Est-ce qu’ils ont accepté l’idée d’être les mêmes mais différents ? Quelles sont les preuves que vous avez pour cette réponse ?

2. Découvrir ce que les élèves pensent et ressentent

Comprendre les différences entre les opinions et ce qu’on ressent est important pour créer de bonnes relations. Cela est essentiel lorsqu’il s’agit d’une classe d’enfants venant de contextes différents (milieu et cadre de vie), avec des opinions et des perceptions différentes. Vos élèves ont besoin de comprendre cela pour parvenir à communiquer entre eux de façon efficace et avec tact.

Cependant, avant d’apprendre à comprendre les opinions et les perceptions différentes, il nous faut tout d’abord les identifier.

Vous pouvez comparer les opinions en organisant un sondage. Vous devez préparer la manière dont vous allez :

  • organiser le sondage ;
  • l’expliquer aux élèves ;
  • vérifier qu’ils ont compris.

L’Étude de cas 2 et l’Activité 2 vous expliquent comment y parvenir, et la Ressource 2 : Poser des questions à propos de ce qu’on ressent offre des idées pour vous aider à préparer cela.

Étude de cas 2: Utilisation de groupes pour discuter des opinions et de ce que l'on ressent

Une semaine, M. Moussa a utilisé le sondage « Aimez-vous… ? » avec sa classe de Cours Moyen Première Année (CM1) (voir l’Activité 2). Il a noté les réponses des élèves et les a affichées sur le mur. Il a souvent retrouvé des élèves en train de les lire et d’en discuter.

La semaine suivante, M. Moussa a de nouveau demandé aux élèves ce qu'ils aiment ou n'aiment pas, mais cette fois il a dessiné deux visages sur le tableau :

Pour chaque question, ils ont compté le nombre de « Aime » dans la classe, et ont écrit le nombre sous le visage A. Ils ont écrit le nombre de « N’aime pas » sous le visage b.

Pour présenter l’idée de ce que l’on ressent, il a écrit « CONTENT » au-dessus du visage A, et « TRISTE » au-dessus du visage B. Par groupes, les élèves ont nommé des choses qui les faisaient se sentir contents ou tristes. Travailler en petits groupes a permis de mieux impliquer les élèves les plus discrets.

Il a recommencé l’exercice, cette fois-ci en utilisant:

En travaillant par groupe de quatre ou cinq, les élèves ont nommé des choses qui les mettaient en colère ou leur faisaient peur. Ils ont ensuite partagé leurs idées principales avec l’ensemble de la classe. Ils ont cherché si certaines choses se retrouvaient dans plus d’une liste, et ont discuté de pourquoi cela était le cas. M. Moussa était content de les voir aussi prévenants.

Activité 2: Le sondage « Est-ce que vous aimez… ? »

Lire la Ressource 3 : Comment faire un sondage dans la classe, et préparer cette activité.

Vous pouvez commencer par poser des questions faciles à la classe au sujet de ce qu'ils aiment ou n'aiment pas, par exemple « Est-ce que vous aimez tous les bonbons ? » ou « Est-ce que vous aimez les devoirs à la maison ? »

En groupes de deux, les élèves réfléchissent à leurs propres questions à propos de ce qu’ils aiment et n’aiment pas et les notent.

Dessinez au tableau le graphique qui se trouve dans la Ressource 3.

Demandez à vos élèves de la recopier et de choisir trois de leurs propres questions. Avec les classes plus âgées, vous pouvez augmenter le nombre de questions.

Expliquez que les questions seront posées à cinq élèves, et écrivez « O » ou « N » pour noter les réponses sous leurs noms.

Demandez aux groupes de deux élèves de comparer leurs réponses. Demandez à certains élèves de lire tout haut leurs questions et réponses, afin que toute la classe puisse entendre les différentes réponses. Discutez de ce qu'ils ont appris par ce sondage.

Réfléchissez à ce que les élèves ont appris en faisant cette activité, et à comment vous le savez.

3. Comprendre et respecter les différences entre nous

Être sensible aux similarités et aux différences entre vos élèves vous permettra de devenir plus efficace en tant qu’enseignant. Vous pourrez préparer des projets qui répondront mieux à leurs besoins. Si vos élèves se comprennent également mieux entre eux, ils seront plus en confiance pour participer en classe. Puisque les élèves réalisent de quelle manière ils sont différents des autres personnes, il est important qu’ils ne commencent pas à se sentir isolés ou rejetés.

Votre rôle est en partie de les aider à comprendre qu’être d’accord avec les autres sur une chose et ne pas être d’accord sur d’autres choses est acceptable et n’est pas un motif de conflit.

Lorsqu’un enfant est perçu comme différent du fait de son aspect ou de son comportement, les autres enfants peuvent le brimer ou l'embêter. Les brimades peuvent rendre les enfants très malheureux. Cela perturbe leur travail scolaire et les empêche de se faire des amis.

Les enfants doivent apprendre à se comporter les uns avec les autres. Votre rôle en tant que professeur est crucial pour les aider à comprendre les différences entre ce qui est bien et ce qui est mal.

Comment pouvez-vous encourager cela ? Lire Ressource 4 : Observez vos élèves pour en avoir une première idée. Vous trouverez ci-dessous d’autres idées que vous pouvez utiliser. Essayez de les appliquer. Est-ce qu’elles ont réussi ? Est-ce que vous avez eu des problèmes ?

Étude de cas 3: Aider les élèves à respecter les différences des autres

Mme Edjoh a un garçon albinos dans sa classe. Un jour, elle a vu des filles qui riaient et se moquaient de lui. Après la classe, elle leur a demandé: « Pourquoi est-ce que vous vous êtes comportées comme cela ? ». Elle leur a demandé comment elles se sentiraient si quelqu’un se moquait d’elles, et comment elles pensaient que l'autre s'était senti ? Avec des questions de ce type, elle les a aidés à réfléchir sur leur comportement. En y repensant ultérieurement, elles ont décidé d’aider tous les élèves à respecter les différences des autres.

Le jour suivant, en classe, elle a utilisé une histoire qui parlait d’un élève atteint de polio, pour commencer à discuter de comment ses élèves se sentiraient s’ils avaient la polio. Elle a également utilisé les mots et les idées qui avaient été utilisés pour parler de ce qu’on aime, n’aime pas, et de ce qu’on ressent pour parler aux élèves de leur comportement.

Lorsque deux garçons se battaient, Mme Edjoh leur parlait, l’un après l’autre, pour savoir pourquoi ils étaient en colère l'un contre l'autre, et les aidait à résoudre leur conflit.

Lorsqu'un enfant restait assis tout seul, elle demandait aux autres de trouver pourquoi et de devenir amis avec cet enfant. De cette façon, les élèves ont commencé à prendre soin les uns des autres, à l'école et ailleurs. Mme Edjoh en était ravie.

Activité clé : Jeu de rôle à propos des différences

Lisez la Ressource clé : Utiliser les jeux de rôles, l'expression orale et l'art dramatique dans la classe .

Répartissez vos élèves par groupes de cinq.

Demandez à chacun d’entre eux d’imaginer deux frères ou sœurs dont les goûts sont opposés. Demandez-leur d’imaginer un conflit entre ces deux frères ou sœurs.

Demandez-leur de faire un jeu de rôles sur le thème de ce conflit. Deux membres du groupe seront les frères ou sœurs. Les autres peuvent être la mère, le père ou un grand-parent.

Ils doivent d’abord jouer le conflit, puis en discuter tous ensemble. Ils doivent ensuite inclure la conclusion dans le jeu de rôles, cette conclusion doit être pacifique.

Ensuite, les enfants du groupe doivent débattre de leurs idées sur les causes du conflit et sur la conclusion.

Enfin, demandez à chaque groupe de présenter leur jeu de rôles à la classe, et d’expliquer quelle leçon ils en ont tiré. Rassemblez chacune de ces leçons et affichez-les au mur pour que tout le monde s’en souvienne.

Ressource 1 : Similarités et différences

Information préliminaire ou connaissance du sujet

Les gens sont similaires sur de nombreux points, depuis les traits physiques jusqu’à la personnalité. Ils sont aussi différents sur de nombreux points. Cependant, pour de jeunes élèves, il est souvent plus important de se sentir similaire aux autres et de faire partie du groupe.

En comprenant de quelles façons nous sommes similaires, nous faisons les premiers pas vers la compréhension de nous-mêmes. Nous commençons aussi à voir de quelles façons nous faisons partie d’un groupe ou d’une communauté. Aider les élèves à comprendre qu'ils sont les égaux de leurs camarades de classe, et qu'ils doivent bien se traiter, est un des rôles importants de l’enseignant.

Les similarités et les différences de l’aspect extérieur

Les différences les plus évidentes entre les personnes se situent au niveau de leur aspect extérieur. Certaines personnes sont grandes, d’autres sont petites. Certaines personnes sont fortes, d’autres sont minces. Si vous travaillez avec vos élèves pour leur expliquer les similarités et les différences entre les personnes, il est facile de commencer par les traits physiques. Mais vous devez également faire attention: tout comme les adultes, les enfants peuvent être sensibles au sujet de leur aspect extérieur, vous ne devez donc pas attirer l’attention sur quelque chose qui pourrait être gênant pour un élève. Attirez plutôt l’attention sur des similarités telles que « Nous portons tous des vêtements ». Vous devrez faire particulièrement attention à cela si vous avez des enfants atteints d’un handicap physique dans votre classe.

De plus, les enfants ont parfois tendance à embêter ou à brimer les autres enfants, et attirer l’attention sur les différences de l’aspect extérieur peut les encourager à ce type de comportement en dehors de l'école. Par conséquent, en même temps que vous aidez les élèves à identifier leurs différences, vous devez aussi mettre en avant toutes leurs similarités. Si les élèves peuvent voir les points communs entre eux-mêmes et les autres, ils sont plus susceptibles de traiter les autres avec respect.

Les similarités et les différences de la personnalité

Alors qu’il est facile de voir les similarités et les différences d’aspect physique entre les personnes – ce dont nous avons l’air – il est probablement plus important pour les élèves de comprendre les similarités et les différences entre les personnalités – comment nous pensons, comment nous ressentons les choses et comment nous comportons.

Nos opinions et ce que nous ressentons influencent la manière dont nous nous comportons avec les autres. Cela peut se résumer comme suit :

  • Les « opinions » sont ce que pensent les gens à propos des choses – ils aiment ou n'aiment pas quelque chose, sont d'accord ou pas d'accord avec quelque chose. Les différences d’opinion peuvent parfois provoquer des discussions et des disputes, que ce soit entre enfants ou entre adultes. Les opinions peuvent être basées sur une connaissance factuelle claire, ou sur des rumeurs qui ne sont pas toujours exactes.
  • Les « perceptions » recouvrent les émotions ressenties – que ce soit ce qui fait se sentir heureux, triste, en colère, effrayé, etc. Les perceptions peuvent parfois être difficiles à expliquer, et si quelqu'un a une perception différente de la sienne sur un sujet, il peut être difficile de le comprendre.

Au fur et à mesure que les enfants grandissent, il est important pour eux de pouvoir comprendre leurs perceptions et leurs émotions, d’interagir avec d’autres personnes et de prendre en compte les besoins des autres. Il est important pour les enfants d’apprendre que tout le monde ne pense pas et ne perçoit pas les choses de la même façon qu'eux. Les idées, perceptions et opinions de chacun auront été influencées par leur environnement à la maison, leurs expériences et les personnes qui se sont occupées d'eux. Cette diversité (variété) ne doit pas être vue comme un problème – sauf dans le cas où cela irait contre le comportement qui est légalement accepté. Les activités de ce module aideront les élèves à commencer à prendre conscience qu’une telle diversité est une base d’amitié et de travail commun.

En tant qu’enseignant, vous devez comprendre ce que ressentent vos élèves, et vous assurer que vous prenez leurs perceptions et leurs différences en compte lorsque vous préparez ce qu'ils vont apprendre. Vous devez faire attention au fait que certains enfants aimeront certaines activités – par exemple parler devant toute la classe – alors que d’autres ne les aimeront pas.

Cependant, vous devez être juste et agir de façon égale avec tous vos élèves. Si vous traitez vos élèves différemment en classe, les enfants s'en rendront compte et commenceront à faire de même, à l'intérieur et à l'extérieur de l'école.

Ressource 2 : Poser des questions à propos de ce qu’on ressent

Information préliminaire ou connaissance du sujet

Vous devez faire attention lorsque vous posez des questions à propos des perceptions. Les enfants n’ont pas toujours envie de parler de ce qu’ils ressentent en public. Vous devrez poser le type de question qui permet aux enfants de donner des réponses qui ne les gênent pas.

Une des façons de demander cela est de poser les questions à la classe entière au lieu de les poser à des individus. Posez des questions telles que: « Qui aime »… et « Qui n’aime pas »… en demandant aux élèves de lever la main. S’ils voient qu’ils font partie d’un groupe, les enfants seront moins gênés pour révéler ce qu’ils ressentent.

Vous pouvez faire la même chose en posant des questions différentes. Par exemple, demandez: « Qu’est-ce qui vous fait peur ? » puis écrivez très rapidement toutes les idées des enfants sur le tableau. De cette façon, chacun ne se sentira pas trop dévoilé.

Si vous voulez qu’ils parlent d’une façon plus personnelle de ce qu’ils ressentent, organisez-les en groupes de deux ou trois pour faire des exercices de même type. Ils trouveront sans doute plus facile de parler en petit groupe. Vous pouvez aussi utiliser des histoires leur permettant d'explorer les idées délicates – cela aide les élèves à parler plus librement parce qu'ils n'ont pas l'impression de parler de leurs propres expériences.

Vous pouvez fabriquer vos propres histoires pour les partager avec vos élèves. Ou vous pouvez utiliser l’histoire sur les enfants des rues nigérians ci-dessous pour stimuler la discussion. Vous pouvez soit recopier la feuille – un exemplaire pour chaque groupe – ou lire à toute la classe sur votre exemplaire.

Après qu’ils aient entendu l’histoire, qui vient du World Street Children News, demandez-leur ce qu’ils pensent de la vie de ces enfants. Est-ce qu’elle est similaire à leur propre vie ou est-ce qu’elle est différente ? Qu'est-ce qu’ils ressentiraient s’ils vivaient comme cela ? Qu’est-ce qu’ils aimeraient ou n’aimeraient pas dans ce genre de vie ?

World Street Children News: Enfants des rues au Nigeria

Okechukwu Chibueze, 14 ans, est originaire de l’état d’Ebonyi. Son oncle l’a fait partir de chez lui pour travailler dans son commerce de détail. Okechukwu savait bien qu’il aurait mieux fait d’aller à l’école plutôt que d’être dans la rue. Mais la pauvreté lui a fait quitter la maison pour un avenir incertain.

« C’est mon oncle qui m’a fait venir à Lagos, » dit Okechukwu. « Nous vendions du désodorisant, des séchoirs, des porte-clés et d'autres choses pour lui. Je me suis rendu compte qu’il fallait que je traverse tout Lagos à pied pour vendre ces choses. Quelquefois, on allait dans plein d'endroits, sans manger et sans rien vendre. Et on ne pouvait avoir qu'un peu d'eau pour boire. » « Un jour, un copain m’a dit que nous devrions aller là où il y a toujours des embouteillages et où il y a des feux de signalisation, comme cela quand le feu passe au rouge, nous pourrions laver les pare-brise des gens. Il m’a dit que ceux qui étaient gentils nous donneraient de l’argent. »

« Et c’est ce que j’ai fait, au lieu d’aller et venir sans manger. Je ne voulais pas mourir de faim. Je ne dois pas nier que Dieu a fait quelque chose pour moi. À la fin de la journée, on peut se faire jusqu’à 500 Nairas ou même plus, quelquefois. Les très mauvais jours, on se fait moins. »

« Mais l’ennui, c'est que maintenant il y a beaucoup d'autres enfants qui viennent faire ce travail. On voit des petits garçons d’environ sept ou huit ans qui font le même travail. Il va bientôt falloir que j’arrête ou que je change d’endroit. » Bien qu’il préfère ce qu'il fait maintenant à ce qu'il faisait avant, il est loin de conseiller cela à d'autres jeunes. « Non, je ne conseille pas à un enfant qui est d’un milieu aisé de faire ça. Je le fais parce que je n’ai pas le choix. J’aurais bien voulu continuer à m’instruire au lieu d’arrêter l’école. Mais il n’y avait personne pour m’aider. » « Et puis, il y a certains automobilistes et certains chauffeurs qui sont très méchants. Qu’ils ne donnent pas d’argent, ce n’est pas le problème. C’est comme ils nous crient dessus, et comme ils nous parlent, on en pleurerait en rentrant à la maison. Ces gens devraient savoir que si on pouvait, on aimerait être comme leurs enfants, aller dans de bonnes écoles et ne manquer de rien. »

Adapté de: Street Kid News, Website

Ressource 3 : Comment faire un sondage dans la classe

Information préliminaire ou connaissance du sujet

Faire un sondage est une façon très pratique pour que vos élèves utilisent de nombreuses compétences différentes. Celles-ci comprennent :

  • poser des questions,
  • enregistrer différents types d’informations,
  • comparer des réponses,
  • parler et écrire,
  • apprendre plus de choses sur les autres.

Cependant, vous devez réfléchir très soigneusement et bien tout prévoir lorsque vous organisez un sondage dans votre classe et aussi préparer la manière dont vous allez l'expliquer à vos élèves.

1. Qu’est-ce qu’un sondage ?

Un sondage est une façon de rassembler des informations venant de nombreuses personnes différentes sur un sujet particulier. Il peut explorer la variété des opinions dans un groupe, et aider à en savoir plus à propos des individus.

Pour rassembler les informations, un sondage utilise habituellement un tableau permettant d’enregistrer les réponses. Le tableau ci-dessous est un exemple permettant de noter facilement et rapidement les réponses :

Nom :………… ………… ………… ………… ………… 
1. Est-ce que tu aimes… ?
2. Est-ce que tu aimes… ?
3. Est-ce que tu aimes… ?

Un sondage est une façon intéressante pour les élèves de s’entraîner à trouver des informations par eux-mêmes.

Du fait qu’un sondage comporte différentes étapes, il peut falloir un cours complet pour le terminer – ou même plus longtemps, si les élèves doivent questionner des gens en dehors de l'école. Il est particulièrement important de laisser le temps nécessaire à recueillir les données, afin que tout le monde puisse s’impliquer et voir le processus en action.

2. Choisir votre sujet

Lorsque vous décidez de faire un sondage dans votre classe, vous devez réfléchir soigneusement au sujet de ce sondage – quelles sont les informations que vous allez trouver ? Évidemment, le sondage doit avoir un certain rapport avec le sujet étudié en classe. Par exemple, si vous faites un cours sur l'alimentation, un sondage sur les différents aliments qu'on trouve bons donnerait des informations utiles pour commencer une discussion. Les élèves peuvent donner des idées – de cette façon ils seront plus impliqués dans l'activité.

Il est important à ce moment de réfléchir aux compétences que les enfants vont acquérir et dont ils doivent faire preuve. Préparez un sondage qui correspond à vos objectifs d’enseignement.

3. Rédiger les questions

Pour tout sondage, il est bon pour les élèves de réfléchir et d’écrire leurs propres questions – chaque élève ou groupe d’élèves doit apporter ses propres idées. Mais vous devez réfléchir à la manière dont vous aller amener les élèves à le faire. Est-ce qu’ils vont procéder individuellement, en groupes de deux ou en groupes plus importants ?

Pour aider les élèves à préparer un sondage, vous devez décider (par vous-même ou avec les élèves) de l’organisation :

  • vont-ils procéder individuellement, en groupes de deux ou en groupes plus grands ?
  • combien de questions doivent-ils rédiger ? (3 à 5 sont généralement suffisantes) ;
  • quels types de questions doivent-ils poser ? (donnez des exemples vous-même et demandez-leur de donner d'autres exemples pour vérifier qu'ils ont compris) ;
  • de combien de temps disposeront-ils pour écrire les questions ? (10 à 15 minutes devraient suffire pour 3 à 5 questions).

Il est important de faire tout ce qui est indiqué ci-dessus avec la classe entière avant que les enfants ne commencent à travailler. Pendant qu’ils travaillent, allez surveiller ce qu’ils font pour vérifier qu’ils ont vraiment compris le travail qui leur est demandé.

Le type de questions qu'ils vont écrire dépend du type d'informations qu'ils veulent trouver. Par exemple, si l’idée du sondage est de recueillir des informations à propos du nombre d’élèves qui pensent ou aiment ou font quelque chose, alors ils peuvent rédiger des questions auxquelles il faudra répondre « Oui » ou « Non »: par exemple « Aimes-tu le football ? »

Cependant, si l’idée du sondage est de trouver des informations sur toute la gamme de choses qui intéresse la classe, alors ils peuvent rédiger des questions « ouvertes »: par exemple « Quels sont les sports que tu aimes ? » Il faudra qu’ils réfléchissent à la manière d’enregistrer les réponses.

4. Poser les questions

Chaque élève doit s’entraîner à poser et à répondre aux questions de façon individuelle. Réfléchissez bien à la manière dont vous allez organiser cela. Voici quelques suggestions :

  • Les élèves n’ont pas besoin de parler à tout le monde dans la classe. Cela prendrait beaucoup de temps et serait aussi très répétitif. Un échantillon de cinq élèves peut suffire, peut-être pas plus de dix élèves – tout dépend de la taille de votre classe.
  • S’ils ont écrit leurs questions par binômes ou par groupes, ils ne devraient pas se poser les questions entre eux. Au contraire, vous pouvez leur suggérer de poser les questions aux autres élèves de la classe ou de l'école.
  • Il peut être utile d’organiser les élèves en groupes pour la réalisation du sondage, particulièrement si vous avez une classe à grand effectif. Vous devez également vous assurer que tous les élèves participent à la rédaction des questions et à y répondre. (Voir la Ressource clé : Travailler en groupes dans la classe).

5. Enregistrer les réponses

Les enfants doivent donner des réponses claires, et aussi courtes que possible.

Par exemple, s'ils posent des questions ouvertes, ils peuvent écrire des réponses d’un seul mot:

Q: Quels sont les sports que tu aimes ?

R: football ou course ou saut.

S’ils posent des questions demandant une réponse par « Oui » ou par « Non », ils peuvent écrire O ou N comme réponse.

S’ils recherchent des informations numériques, ils peuvent juste pointer, un signe représentant une personne, par exemple :

Sports préférés :FootballCourseSautJeu de ballon
Nombres :IIIIIIIIIIIIIIIIII

Encore une fois, préparez bien tout et expliquez cela aux élèves avant qu'ils ne recueillent leurs données. Pour vérifier qu’ils ont compris, vous pouvez leur demander de vous le réexpliquer.

6. Comparer les réponse

Après que les élèves ont posé les questions et enregistré les informations, il est bon qu’ils parlent en binôme ou en groupe de leurs données et qu’ils comparent leurs réponses. Ces données peuvent être utilisées pour comparer ce que les gens aiment ou n'aiment pas, et ils peuvent dessiner des graphiques à partir des résultats, afin de pouvoir facilement visualiser les différences et discuter de ce qu’elles signifient.

En affichant ce qu’ils ont trouvé, ou en leur demandant d’écrire leurs résultats, vous comprendrez mieux leur façon de penser et vous leur donnerez l’occasion de mener une réflexion plus approfondie sur les données.

Ressource 4 : Observez vos élèves

Information préliminaire ou connaissance du sujet

Observer ou regarder vos élèves au travail dans la classe ou en train de jouer sur la cour est une très bonne façon de comprendre leurs personnalités. Cela vous indique qui ils fréquentent et quels élèves sont isolés. Ces informations peuvent vous aider à préparer des activités qui correspondront mieux à leurs besoins. Est-ce qu’ils parlent plus lorsqu’ils sont en groupes ? Si c’est le cas, en utilisant plus le travail de groupe, vous pouvez les aider à réfléchir plus et donc à apprendre plus. Vous pouvez observer: les groupes sociaux dans votre classe, et la manière dont ils interagissent ou n’interagissent pas. Quels sont les types de conflits, s’il y en a ? Comment pouvez-vous utiliser ces connaissances pour préparer le travail de groupe ?

Les individus et leurs compétences sociales, leurs intérêts, etc.

Certains des aspects que vous pouvez rechercher lorsque vous regardez vos élèves sont dans le tableau ci-dessous. Mais n’oubliez pas de garder l’esprit ouvert et d'ajuster votre point de vue au fur et à mesure que vous connaissez mieux vos élèves.

Ci-dessous vous trouverez un exemple de la manière dont vous pouvez enregistrer les observations des élèves. Une version de ceci a été utilisée dans le programme de développement transversal de la lecture et de l'écriture au Nigeria.

Cochez la colonne adaptée au comportement de l’élève que vous observez. 0 = pas du tout, 1 = faible, 2 = correct, 3 = bon

Pas du tout

(0)

Faible

(1)

Correct

(2)

Bon

(3)

L’élève participe activement au cours
L’élève produit quelque chose de créatif
L’élève travaille en groupe ou en groupe de deux
L’élève partage des idées/des informations
L’élève montre qu’il a compris la leçon
L’élève n’a pas peur de poser des questions
L’élève montre du respect pour les idées des autres enfants de la classe.

Adapté de: World Bank, Websit

Section numéro 2 : Préparation de séances relatives à la croissance physique et au développement des élèves

Question clé: Comment pouvez-vous préparer des leçons qui vont développer l'estime de soi  ?

Mots clés: préparation de leçons, résolution de problèmes, activités regroupant toute l’école, prévision, estime de soi

Résultats de l’apprentissage

À la fin de cette section, vous aurez :

  • préparé des cours destinés à obtenir des résultats clairs afin d’explorer la croissance et le développement;
  • exploré différentes façons d’inclure des jeux et des exercices dans vos cours;
  • utilisé la résolution de problèmes dans des activités regroupant toute l’école.

Introduction

Cette section traite de la prévision et de la préparation de vos cours. Il est important de bien faire cela si vous voulez que vos élèves parviennent aux résultats que vous désirez.

Un de vos rôles est d’aider vos élèves à comprendre les concepts de la croissance physique et du développement. Cela comprend à la fois les changements physiques qui vont se produire quand ils vont grandir, ainsi que les différentes choses auxquelles ils doivent penser et qu’ils doivent faire pour rester en bonne santé.

Lorsque vous préparez des travaux pratiques au sujet de la croissance physique et du développement, vous devrez utiliser comme base les connaissances que les élèves ont déjà, de cette manière vous pourrez prévoir d’améliorer leur compréhension. Cette section suggère différentes façons de travailler en classe et en dehors de la classe. Vous pourrez aussi utiliser ces suggestions dans d'autres domaines de votre enseignement.

1. Développement physique des élèves : mettre l’accent sur la préparation et la planification des activités

Il est important de vous préparer aux cours en vérifiant vos propres connaissances sur le sujet. Lire la Ressource 1 : Introduction au développement physique, afin de remettre à jour votre compréhension du sujet.

Vous devez réfléchir soigneusement à la manière dont vous allez aborder ce sujet. Simplement lire les informations en espérant que les élèves vont comprendre n’est pas la meilleure façon d’apprendre pour la plupart d’entre eux. Vous devez préparer soigneusement votre cours, en réfléchissant à ce qui va se passer à chaque étape et en prenant en compte ce qu’ils savent déjà et ce qu’ils pensent. Voir la Ressource clé : Planifiez et préparez vos leçons  pour plus d’informations.

Chaque leçon doit avoir un objectif de résultat d’apprentissage (intention). Dans ce cas, vous désirez que les élèves puissent identifier les quatre critères de base qui contribuent à un meilleur développement physique.

Pour chaque partie du cours, vous devrez répondre à trois questions :

  • De quelle manière est-ce que cette activité contribue à obtenir le résultat d’apprentissage escompté  ?
  • Qu’est-ce que les élèves vont faire qui va les aider à apprendre  ?
  • Qu’est-ce que je vais faire pour les aider  ?

Cherchez les jeux et les activités que vous pourriez utiliser et qui aideront les élèves à apprendre  ?

Étude de cas 1 : Prendre en compte le développement physique lorsque vous organisez les activités de votre classe

Adjoa enseigne dans une petite école d’une zone rurale du Togo. Ce trimestre, sa collègue Marie est en congé de maternité, donc elle enseigne à une classe nombreuse à niveaux multiples – 85 élèves du cours élémentaire première année au cours moyen deuxième – ce qui signifie qu’elle doit s’occuper d’un grand nombre d’enfants qui sont à différentes étapes de leur développement physique. Adjoa sait qu’elle doit prendre cela en compte lorsqu’elle organise les activités de sa classe.

Elle a remarqué que les enfants plus âgés prennent souvent en charge les plus jeunes. Alors, elle forme des groupes, chacun ayant un nom et un « responsable » parmi les élèves plus âgés (de niveau 6). Le responsable vérifie que chaque enfant est présent, fait s'installer le groupe et vérifie que tout le monde est prêt à étudier.

Elle trouve aussi que les enfants les plus jeunes préfèrent faire plusieurs activités différentes lors d’une leçon. Elle prépare des cours avec deux séries d’activités : une pour les élèves des niveaux 3 et 4, et une pour ceux des niveaux 5 et 6.

Elle commence par donner du travail de groupe ou des exercices plus longs aux élèves des cours moyens première et deuxième année (CM1-CM2).

Puis, elle passe du temps avec les cours élémentaires première et deuxième année, en leur proposant des activités plus courtes qui comprennent des jeux simples.

Cela signifie qu’il faut préparer les leçons des niveaux 3 et 4 avec un nombre plus important d’activités différentes. Voir la Ressource clé : Travailler avec des classes à effectifs lourds ou à niveaux multiples.

De cette façon Adjoa prend en compte les différences de développement physique de ses élèves, et les utilise pour préparer son enseignement.

Activité 1 : Préparer un cours sur le développement physique

La Ressource 1 : Introduction au développement physique recouvre les quatre principes qui contribuent au développement physique. Faites un plan de cours pour présenter ces quatre principes à vos élèves.

Identifiez les activités et les ressources que vous allez utiliser. Vous pouvez adapter l’activité « différent ou similaire » de la Section 1 de ce module, mais cherchez les similarités et les différences dans la croissance physique, par exemple la taille, la pointure, la longueur de la main et du bras.

Faites un plan de cours de ce type :

  • Introduction au cours et résultats attendus de l’apprentissage.
  • Présentez les idées de la Ressource 1, en utilisant les connaissances préalables des élèves.
  • Par groupes de deux ou plus, les élèves feront une activité du type « différent ou similaire », ou une autre activité que vous leur proposerez.
  • Les élèves feront une autre activité du même type afin que vous puissiez vérifier qu'ils ont compris.

La Ressource 2 : Préparer la manière d’introduire les quatre principes du développement physique vous donne plus de conseils sur la façon d’organiser le cours, et de rassembler des ressources pour appuyer votre enseignement.

Après le cours, prenez des notes pour vous-même sur la manière dont cela s'est passé :

  • Est-ce que c'était réussi  ? Qu’est-ce que les élèves ont appris  ?
  • Est-ce qu’il y a une partie qui n’a pas bien fonctionné  ? Si c’est le cas, pourquoi  ?
  • Qu’est-ce que vous feriez autrement la prochaine fois  ?

2. Planifier une session de jeux pour apprendre

Dans la première partie de cette section, vous avez réfléchi à des façons d'enseigner à vos élèves des notions de développement physique. Nous allons maintenant en examiner un élément particulier : l’exercice physique que font les enfants à l'école ou à la maison.

Tout d’abord, lisez la Ressource 3 : Utiliser des jeux et des exercices physiques, pour trouver des idées.

Lorsque vous prévoyez d’utiliser des jeux dans votre enseignement, vous devez penser :

  • au contenu du jeu afin d’aider les élèves à atteindre les objectifs que vous avez fixés pour le cours ;
  • à l'organisation du jeu :
    • Comment est-ce qu'on y joue  ?
    • Comment allez-vous donner les règles du jeu aux élèves  ?
    • Comment allez-vous vérifier qu’ils ont compris comment jouer  ?
    • Est-ce qu’ils vont jouer en groupes de deux ou plus, ou toute la classe ensemble  ?
    • Où vont-ils jouer – à l’intérieur ou à l’extérieur  ?
    • Combien de temps vont-ils jouer  ?

Étude de cas 2 : Utiliser les jeux préférés des élèves

M. Ogounde, enseignant d'une communauté yorouba au Togo, voulait inclure les jeux des élèves dans ses cours. Il a donc préparé un cours qui leur permettrait :

  • d’identifier leurs jeux préférés,
  • de décrire la manière dont ils y jouent,
  • d’utiliser les jeux pour en savoir plus sur des idées différentes et des sujets comme le partage et les nombres.

Pour commencer le cours, il a utilisé le sondage « aime ou n’aime pas » afin de savoir quels sont les jeux que connaissent les enfants. Pour gagner du temps, il a prévu :

  • de réaliser le sondage avec toute la classe d’un coup,
  • d’enregistrer les informations lui-même sur le tableau.

Ensuite, il voulait que les enfants fassent quelque chose par eux-mêmes. Il a décidé que, par groupes, ils décriraient par écrit leur jeu préféré, en incluant des réponses à des questions importantes qu'il leur poserait sur la manière de jouer. Il demandait des réponses à des questions telles que : Où est-ce que tu joues  ? Combien de personnes peuvent jouer  ? Quel équipement faut-il  ? Quelles sont les règles  ?

Enfin, il a réservé un moment pour que chaque groupe explique son jeu à la classe. Ils ont ensuite voté et joué à un des jeux chaque semaine.

Lire la Ressource 4 : Comment M. Ogounde a enseigné son cours pour trouver plus de renseignements sur ce qu’il a fait.

Activité 2 : Un jeu simple avec des nombres

Essayez de faire jouer votre classe à ce jeu qui les entraîne aux additions de 1 à 10 et leur fait faire de l'exercice physique.

  • Les élèves forment un cercle. Vous vous tenez au milieu et leur donnez une somme simple, par exemple 2 + 3.
  • Les élèves se précipitent pour former des groupes dont les nombres représentent la somme des chiffres donnés: par exemple 2 + 3 = 5, ils se précipitent pour former des groupes de 5.
  • Une autre personne se met au milieu, annonce une somme et le jeu continue.

Si vous avez une classe nombreuse, faites plusieurs cercles ou allez dehors pour jouer afin d’avoir plus de place.

Si vous avez une classe à plusieurs niveaux, faites un cercle par niveau. Les classes les plus jeunes peuvent utiliser l’addition et la soustraction. Les classes les plus âgées peuvent s’entraîner à la multiplication et à la division.

  • Comment est-ce que vos élèves ont réagi à ce jeu  ?
  • Qu’est-ce qu’ils ont appris  ?
  • Comment pouvez-vous adapter ce jeu pour préparer un cours de sciences ou de français  ? Quelles sont les modifications que vous pourriez y apporter, tout en conservant l’activité physique  ?

3. Promouvoir un mode de vie sain à travers son enseignement

Dans la première partie de cette section, nous avons identifié les facteurs qui sont nécessaires à un développement physique sain. Maintenant nous allons chercher comment votre école peut promouvoir ces idées auprès des élèves et de la communauté locale.

Ayant discuté l’utilisation de l’exercice physique et des jeux dans vos cours, il vous faut maintenant promouvoir l’importance

  • a) d’une nourriture saine
  • b) de la protection contre les maladies et
  • c) de l'hygiène de l'environnement

– mais tout cela doit être fait avec tact.

Vous pouvez y parvenir en faisant de l’école un environnement de promotion des habitudes saines.

Cela demandera des discussions avec le personnel de l’école sur les points suivants:

  • L’importance de faire de l’école un bon exemple pour les élèves et la communauté : pour y parvenir, vous devrez sans doute faire en sorte que la communauté et d'autres personnes travaillent ensemble, par exemple des établissements de santé locaux et des ONG.
  • La nécessité d’encourager des pratiques de vie saine dans votre école, en incluant des activités de promotion de la santé dans le programme régulier.
  • La nécessité de demander l’avis d’experts, tels que des coordinateurs VIH-SIDA et des établissements de santé. Qui sera impliqué, et quand  ?

Étude de cas 3 : Organiser une journée sportive pour promouvoir un développement physique sain

Après avoir utilisé les jeux dans ses cours, M. Ogounde a pensé à d’autres façons de promouvoir un développement physique sain à l’école.

Il a décidé d’organiser une journée des jeux et des sports pour l’école et la communauté. Une fois par trimestre, toute l’école devrait participer à des jeux et à des sports. Cela inclurait des sports comme le football et la course, mais aussi des jeux d’apprentissage – par exemple un sur les points cardinaux qu’il avait utilisé dans ses cours.

Pour préparer cela, il a fait la liste des personnes à qui il devrait en parler, comme le directeur, les autres enseignants, l'association des parents d’élèves et les élèves.

Le directeur l’ayant assuré de son soutien, il a organisé les compétitions avec le personnel de l’école et l’association de parents d'élèves. Ils ont d’abord décidé de l’heure – cela commencerait à 9h. 30 et finirait à 12h. 30. Ils ont ensuite choisi les différentes activités. Ils ont organisé les jeux et les courses suivant les classes, et prévu un emploi du temps pour les activités du jour.

Ils se sont ensuite occupés de savoir qui devrait aider à mener les activités de la journée : l’association des parents d’élèves, le comité de gestion de l’école, les enseignants et quelques élèves plus âgés. Ils ont décidé de : qui ferait les annonces, qui enregistrerait les résultats, qui donnerait les prix et ainsi de suite.

Ils ont ainsi préparé un projet complet pour la première journée sportive. La préparation a duré deux ou trois semaines, elle a donc été bien organisée et ce fut un franc succès.

Lire la Ressource 5 : Autres idées de M. Ogounde pour la promotion de la santé, pour trouver plus d'idées.

Activité clé : Résolution de problèmes pour un environnement scolaire plus hygiénique

Tout d’abord, discutez de l’image présentée dans la Ressource 6 : Image représentant un environnement scolaire malsain avec vos élèves, et demandez-leur d’identifier les problèmes qui existent dans cet environnement scolaire.

Faites organiser un sondage par vos élèves, sur le sujet de votre environnement scolaire, pour savoir s'il est sain ou malsain. Envoyez les élèves faire le tour de l'école par groupes de deux ou trois, et noter tout ce qui dans l’école rentre dans ces catégories.

Ensuite, chaque groupe de deux ou plus présente les résultats de ses recherches à toute la classe. Faites une liste de ce qu’ils ont trouvé, et affichez-la sur deux affiches que vous mettrez au mur – une pour ce qui est sain, une pour ce qui est malsain. Discutez de ce qui doit être fait pour améliorer l’environnement scolaire et le rendre plus sain. N’oubliez pas de mettre en valeur les aspects positifs de votre environnement scolaire.

Demandez à votre directeur si vous pouvez présenter vos résultats à l’école entière rassemblée. Invitez toute l’école à faire des équipes et à résoudre tout ce qui doit être fait pour rendre votre environnement scolaire parfaitement sain.

Il est possible que vous deviez demander de l’aide aux parents ou à d’autres membres de la communauté. Vous devrez aussi encourager les enfants à être créatifs et à réfléchir à comment améliorer l’école sans dépenser beaucoup d’argent.

Ressource 1: Introduction au développement physique

Information préliminaire ou connaissance du sujet

Nous grandissons tout le temps. Nous grandissons physiquement, mais nous développons aussi nos idées et notre compréhension, bien souvent tout cela se produit simultanément.

Au cours des années que les enfants passent à l’école, ils subissent de nombreux changements physiques. Cela se voit si on compare des élèves de classes différentes. Les enfants plus âgés sont plus grands, plus forts et ils s’expriment généralement mieux. Dans le cadre de leur croissance naturelle, les enfants se développent également du point de vue sexuel lorsqu'ils atteignent l'adolescence.

Les enfants ne peuvent pas se développer et grandir par eux-mêmes. Tout comme une plante a besoin d’eau, de soleil et d’une bonne santé pour se développer, les êtres humains ont besoin d'un certain nombre de facteurs. Ceux-ci comprennent :

  • une bonne alimentation,
  • de l’exercice,
  • la protection contre les problèmes de santé,
  • un environnement propre.

Chacune de ces choses contribue au développement physique de l’enfant.

Si un enfant ne mange pas bien, il ne va pas grandir aussi rapidement que les autres. L’alimentation contribue également à d’autres choses : la quantité d’énergie qu’ont les enfants, leur protection vis-à-vis des maladies, etc.

Si les enfants ne font pas d’exercice physique, ils ne vont pas développer les muscles de leurs bras et de leurs jambes, et ils ne seront pas aussi forts. L’exercice physique aide également à développer leur coordination motrice lorsqu’ils pratiquent des exercices tels que la course, le saut et les jeux de balle. La coordination les aide à acquérir d’autres compétences, telles que la lecture et l’écriture. L’exercice physique est également bénéfique pour le bien-être et la croissance physique.

Si les enfants ne sont pas protégés contre les problèmes de santé, ils seront plus souvent malades et cela affectera leur croissance. Si les enfants sont malades, ils ne peuvent pas faire d’exercice et ne développeront pas leurs muscles. S’ils sont malades, il leur sera aussi difficile d’étudier, et ils prendront du retard dans leur apprentissage.

Si les enfants ne vivent pas dans un environnement propre, il est plus probable qu’ils attraperont des maladies. Les maladies les affecteront.

Il est important que vous présentiez ces idées simples à vos élèves aussi tôt que possible, afin qu'ils puissent acquérir des habitudes d'hygiène dans leur vie quotidienne, mais vous devrez agir avec tact en fonction du contexte de la communauté dans laquelle vous travaillez.

Ressource 2: Préparer la manière d’introduire les quatre principes du développement physique

Information préliminaire ou connaissance du sujet

Consultez de nouveau la Section 1 de ce module. Les élèves y comparaient les façons suivant lesquelles ils étaient similaires et différents. Comment pourriez-vous utiliser cette activité pour présenter les quatre principes du développement physique  ?

Par exemple, vous pouvez leur demander de comparer leurs âges et leurs tailles, ainsi que les différents aliments qu’ils mangent.

Pour couvrir les quatre principes du développement physique dans un plan de cours, pensez aux questions suivantes :

  • Quelle est la chose principale que vous voulez que les élèves retiennent  ?
  • Comment allez-vous présenter le sujet  ?
  • Comment est-ce que vous allez organiser la première activité  ? Quelles seront vos instructions  ? Est-ce que les élèves vont travailler en groupes ou par binôme  ?
  • Comment allez-vous démontrer les quatre principes  ?
  • Quelles sont les ressources que vous allez utiliser pour les leur expliquer  ? Par exemple, est-ce que vous pouvez utiliser des images  ? Est-ce que vous pouvez apporter différents types de nourriture  ? Où allez-vous les trouver  ?
  • Comment allez-vous vérifier si les élèves ont compris  ?
  • Quelles sont les questions pour lesquelles vous devez agir avec tact  ?

Écrivez vos réponses à ces questions sur un morceau de papier. Puis utilisez-les pour préparer chaque étape de votre cours. N’oubliez pas de toujours agir avec tact en fonction du contexte dans lequel vous travaillez, afin de ne pas embarrasser les élèves.

Ressource 3: Utiliser des jeux et des exercices physiques

Information préliminaire ou connaissance du sujet

Les exercices physiques ont de nombreuses fonctions. Comme nous le savons, ils aident les enfants à prendre des forces et à être en forme. Mais ils peuvent aussi aider les élèves à développer des compétences sociales, créatives et d’encadrement. Ils peuvent aider les élèves à se faire des amis et à apprendre des choses nouvelles, et contribuer à leur bien-être émotionnel.

Réfléchissez à la gamme de jeux et d’exercices physiques différents qu’ils peuvent faire :

  • les sports, par exemple le football ou la lutte,
  • les jeux, par exemple le saut à la corde, la danse, chat perché,
  • les jeux de mots et de nombres, par exemple le chant et les comptines.

Les enfants vont automatiquement inventer des jeux et y jouer ensemble, et vous pouvez exploiter une partie de cela dans votre enseignement.

L’utilisation de jeux et d’exercices physiques dans le cadre de votre enseignement peut encourager les élèves à aimer apprendre, et donc à leur donner encore plus envie de venir à l’école.

En utilisant des jeux à caractère physique dans le cadre de votre enseignement, vous encouragez aussi les élèves à acquérir de nouvelles compétences et de nouveaux schémas de comportement.

Ceux-ci peuvent comprendre :

  • apprendre collaborativement ;
  • développer des compétences de réflexion ;
  • partager des ressources ;
  • faire des choses à tour de rôle,
  • se sentir motivé et l’impliqué dans l'apprentissage.

Ce sont des choses que vous devriez encourager en classe, parce qu'elles contribueront à un apprentissage plus efficace.

Vous trouverez ci-dessous des exemples de jeux nigériens qui utilisent l'exercice physique.

OMBRE AU CLAIR DE LUNE
Objectif :« Le chat » doit déterminer qui est « l’ombre ».
Équipement :Des bâtons, des pierres, des galets, de la craie ou n’importe quoi d’autre qui puisse être utilisé pour tracer quelque chose sur le sol.
Nombre de joueurs :Au moins 3
Règles :
  • Un joueur est choisi pour être « le chat », et il va se cacher. Les autres joueurs choisissent quelqu’un qui sera « l’ombre ».
  • « L’ombre » s’allonge sur le sol, et les autres joueurs font un tracé autour de lui ou d’elle avec le matériau choisi.
  • « Le chat » rejoint les autres joueurs.
  • Les joueurs appellent « le chat » qui essaie de déterminer qui est « l’ombre », d’après la forme du tracé sur le sol.
  • S’il devine correctement, il a droit de jouer une autre fois. Sinon, un autre joueur est choisi pour être « le chat ».
LE SERPENT
Objectif :Faire participer tous les joueurs pour qu'ils fassent partie du « serpent ».
Équipement :Aucun, vous pouvez cependant indiquer les limites de l’aire de jeu.
Nombre de joueurs :Au moins 3
Règles :
  • Un des joueurs est choisi pour être la tête du serpent.
  • Cette « tête du serpent » essaie d’attraper un autre joueur. Une fois que c’est fait, cet autre joueur devient la « queue du serpent » et ils se tiennent la main.
  • La « tête du serpent » et la « queue du serpent » poursuivent les autres joueurs, et leur donnent la main d'un côté ou de l'autre, créant une nouvelle tête ou une nouvelle queue à chaque fois qu'un joueur est attrapé.
  • Le jeu continue jusqu’à ce que tous les joueurs fassent partie du « serpent ».
SAUTE-SAC
Objectif :Être le dernier joueur à sauter au-dessus du sac.
Équipement :Une corde, un sac de jute ou un autre type de sac
Nombre de joueurs :Au moins 5
Règles :
  • Enroulez la corde autour du sac, en laissant une longueur suffisante pour permettre de faire tourner le sac.
  • Choisissez un joueur qui sera le « tourneur » (le « tourneur » devra pouvoir faire tourner le sac au-dessus du sol, que ce soit avec le pied ou avec la main).
  • Les autres joueurs forment un cercle autour du « tourneur ». Le « tourneur » fait tourner la corde près du sol. Chaque joueur doit sauter par-dessus avant que le sac ne les atteigne. Si la corde touche un joueur, il est éliminé du jeu. Le jeu continue jusqu’à ce qu’il ne reste qu’un joueur debout, et ce joueur est le gagnant.

Variations :

  • La longueur de la corde peut être changée.
  • La vitesse qu’utilise le « tourneur » peut aussi varier.
ATTRAPE LE MOUCHOIR
Objectif :Attraper les mouchoirs de l’autre équipe.
Équipement :Des mouchoirs ou des foulards. Vous pouvez aussi indiquer les limites de l’aire de jeu.
Nombre de joueurs :Au moins 4
Règles :
  • Les joueurs se divisent en équipes.
  • Chaque équipe forme une chaîne. Chacun des joueurs des extrémités (des deux bouts) de chaque chaîne laisse pendre un mouchoir ou un foulard de sa poche ou de sa ceinture. La première personne de la chaîne mène la chasse, et essaie d’attraper un mouchoir d’une des autres équipes. Une équipe gagne lorsqu’elle attrape un mouchoir d’une autre équipe.

Adapté de : Motherland Nigeria, Website

JEUX TOGOLAIS

Y a-t-il des jeux togolais similaires que vous pourriez utiliser  ?

Ecrivez-les de la même manière que les jeux nigérians ci-dessus et postez-les sur PartaTESSA.

Ressource 4: Comment M. Ogoundé a enseigné son cours

Information préliminaire ou connaissance du sujet

Les étapes que M. Ogoundé a utilisées pour sa leçon sont les suivantes :

À l’aide de l’activité « aime et n’aime pas » décrite en Section 1 de ce module, chaque élève a écrit les cinq jeux qu’il a préférés.

M. Ogoundé a demandé aux élèves de discuter, par binôme, de leurs jeux préférés et d’en choisir un. Cela a pris dix minutes.

Pour faire le sondage, il s’est mis devant la classe et a demandé à chaque binôme quel jeu il avait choisi.

Il a écrit le jeu sur le tableau, et mis une coche à côté. Si c’était un jeu que quelqu’un avait déjà mentionné, il ajoutait simplement une coche. La liste sur le tableau commençait à ressembler à ceci :

Le sondage a pris 15 minutes. Ensuite, il a demandé quels étaient le jeu le plus apprécié et le jeu le moins apprécié.

Il a demandé à la classe de se répartir en sept groupes de cinq. Il a demandé à chaque groupe de choisir un jeu et d’en écrire les règles du jeu pour la classe.

Il leur a demandé de lire leurs règles du jeu devant la classe.

Il y avait trop de jeux pour les décrire en un seul cours, il a alors décidé de présenter un nouveau jeu lors du dernier cours de chaque journée.

Pour faciliter cela, il a donné à chaque groupe le nom d’un jour de la semaine. Chacun des groupes savait donc quel jour il devrait lire ses règles du jeu. Au début de chaque journée de cours, il demandait qui allait devoir donner sa description du jeu ce jour-là.

Ces cours utilisaient le format suivant :

  • Tout d’abord, le groupe donnait sa description du jeu et en faisait la démonstration devant la classe entière. Cela prenait environ dix minutes.
  • Puis tous les autres groupes s’entraînaient également à jouer à ce jeu. Si nécessaire, M. Ogoundé les emmenait dehors. Cela prenait 15 minutes.
  • Ensuite, il leur demandait de réfléchir à de nouvelles façons de jouer à ce jeu, de manière à ce qu’il les aide à se souvenir de ce qu’ils avaient appris en classe dans la journée.
  • Chaque groupe arrivait avec des idées différentes pour adapter le jeu. Cette discussion durait habituellement environ 15 minutes.
  • Enfin, ils discutaient de certains changements, et les essayaient ensemble jusqu’à la fin du cours.

De cette manière, M. Ogoundé a commencé à utiliser les jeux de ses élèves dans l'enseignement des différentes matières. Il a réutilisé les meilleures idées. Les élèves ont également commencé à jouer aux nouveaux jeux d’apprentissage sur leur temps libre.

Ressource 5: Les autres idées de M. Ogoundé pour la promotion de la santé

Information préliminaire ou connaissance du sujet

En dehors de la journée sportive, M. Ogunlade a eu d’autres idées pour la promotion de la santé à l'école, telles que :

  • Les enfants et les professeurs pourraient nettoyer la cour et les classes tous les matins après l’appel.
  • L’utilisation de poubelles pourrait encourager à arrêter de déposer des détritus n'importe où. (Cela pourrait aussi empêcher les chiens et les rats de rentrer dans l’école, et réduire la possibilité que les enfants et les enseignants attrapent des maladies ou aient des ennuis de santé.)
  • Utiliser l’école comme centre local de vaccination lors de la visite du personnel de santé permettrait de garantir la vaccination régulière des enfants et des enseignants. Cela signifierait également que les enfants recevraient des conseils de santé supplémentaires de la part des médecins et des infirmières.
  • L’établissement de contacts entre l’école et le personnel de santé local et itinérant permettrait de munir l’école de ressources supplémentaires en matière de santé.
  • La création d’un jardin à l’école permettrait d’obtenir de la nourriture (tels les légumes pour la soupe), de faire de l'exercice, et servirait de support d'apprentissage sur le sujet de l'environnement.
  • Une zone ou un local de premier secours ou de repos pourrait être créé.
  • L’école pourrait inviter des intervenants à venir pour parler de problèmes particuliers, par exemple le VIH-SIDA, le paludisme.
  • Il serait possible d’organiser des clubs périscolaires de jeu ou de sport.

Ressource 6: Image représentant un environnement scolaire malsain

Source: Life Skills for Young Ugandans, Secondary teacher training manual. (UNICEF)

Section numéro 3 : Exploration des idées qu’ont les élèves sur une vie saine

Question clé: Comment pouvez-vous utiliser les connaissances acquises et le travail de groupe pour parvenir à la compréhension de l’hygiène de vie  ?

Mots clés: discussion de groupe, récit, écriture, habitudes hygiéniques traditionnelles, connaissances acquises

Résultats de l’apprentissage

À la fin de cette section, vous aurez :

  • utilisé la discussion par groupes et avec la classe entière pour trouver ce que les élèves savent déjà;
  • appris comment vous baser sur les connaissances acquises des élèves;
  • utilisé les personnes locales comme ressources pour motiver les élèves à apprendre.

Introduction

Lorsque vous présenterez l’étude de l’hygiène de vie dans votre programme, vous devrez agir avec tact par rapport à l’environnement dans lequel vous enseignez. Cette section traite de la manière dont vous pouvez rechercher quelles sont les connaissances acquises de vos élèves – savoir d'où ils tiennent leurs idées, et quel est le savoir qu'ils apportent en classe – pour les utiliser afin de développer leur réflexion au sujet de l’hygiène de vie. En prenant en considération les connaissances et les compétences de vos élèves, vous les aidez à améliorer l'estime qu'ils ont d'eux-mêmes.

Les activités vous demandent d’utiliser la discussion de groupes, les travaux pratiques et les personnes locales pour explorer et approfondir les connaissances de vos élèves au sujet de l’hygiène de vie.

1. Construire sur les acquis des élèves pour développer leur savoir de ce qu’est une vie saine

Vos élèves doivent savoir quels aliments sont les meilleurs pour eux, mais il ne suffit pas de le leur dire. Ici, nous allons imaginer des méthodes plus interactives pour les aider à apprendre et à comprendre.

Il est important de savoir s’ils ont déjà des idées sur le sujet. Pour trouver ce que sont ces idées, vous pouvez commencer votre leçon par :

  • la présentation du sujet et leur demander « Que pouvez-vous me dire à propos de… », et noter leurs idées,
  • les répartir par groupes de deux ou trois, pour parler du sujet en leur donnant des questions ouvertes afin de guider leur discussion,
  • leur demander de donner leurs réponses, et faire la liste des idées principales que vous voudriez approfondir.

Après avoir trouvé quelles sont les connaissances préalables de vos élèves, votre préparation – et donc votre enseignement – correspondra mieux à leurs besoins. Voir la ressource clé : Utiliser le questionnement pour développer la pensée  qui vous aidera à trouver les questions qui guideront leurs discussions.

Étude de cas 1 : Trouver ce que savent les élèves sur une bonne nutrition

Mme Etchité, de l’école primaire de Kpalimé au Togo, s’est rendu compte que sa classe aimait parler de nourriture, alors elle leur a demandé de faire la liste de tous les aliments qu’ils aimaient.

Elle leur a demandé s’ils savaient d’où venaient les aliments – de plantes ou d’animaux. Par groupes, ils ont découpé des images d’aliments dans des vieilles revues que Mme Etchité avait conservées dans sa classe, et les ont triées suivant les différents groupes d'aliments (voir la Ressource 1 : Habitudes de vie hygiénique).

Ils ont discuté des types d’aliments qui sont sains et de ceux qui peuvent avoir bon goût, mais ne sont pas bons pour la santé.

Mme Etchité a parlé d’autres aliments qu’ils n’avaient pas mentionnés, et leur a demandé de les inclure dans leurs listes. Elle a expliqué qu'il était préférable d'avoir un régime équilibré si possible, et de manger plus de fruits, de légumes et moins de sucre. Les enfants ont dessiné les différents aliments.

Elle leur a demandé s’ils savaient pourquoi la viande et le poisson étaient bons pour eux. Ils ont eu beaucoup d’idées : un garçon a dit que la viande et le poisson aidaient les enfants à grandir. Mme Etchité était très contente, et leur a expliqué comment ces aliments contribuaient à développer leurs muscles.

Ils ont aussi discuté du fait que, lorsqu’il y a peu d’argent, ils doivent manger ce que leurs parents peuvent acheter, et ce n’est pas toujours ce qu'ils voudraient manger ou ce qui est bon pour eux. Ils se sont rendu compte que manger quelque chose est quand même mieux que de ne rien manger.

Activité 1 : Activités de tri des aliments

Avant de commencer, vous pouvez lire la Ressource 1 : Habitudes de vie hygiénique.

Demandez aux élèves ce qu’ils aiment manger. Ils peuvent dessiner ces aliments ou en trouver des images dans de vieilles revues si vous en avez.

Demandez aux élèves, par petits groupes, de discuter des types d’aliments qu'ils pensent être meilleurs pour eux.

Demandez à chaque groupe de présenter une idée, et faites-en la liste au tableau.

En partant de leurs idées, expliquez quels sont les différents groupes d’aliments, et la fonction de chacun. Voir la Ressource 3 : Aliments locaux qui présente des images d’aliments locaux que vous pouvez utiliser pour cette activité.

Demandez aux élèves, à l’intérieur des groupes, de rassembler les images en fonction des groupes d’aliments. Demandez-leur de discuter entre eux pour savoir en quoi les différents aliments sont bons pour eux, et ce qu'ils apportent.

Demandez à chaque groupe de rédiger cinq questions à propos de différents types d'aliments. Faites un quiz dans la classe – chaque groupe à son tour pose ses questions, et les autres y répondent.

Enfin, demandez aux groupes de faire des posters ou des affiches sur les aliments, en utilisant leurs dessins et leurs images. Vous pouvez aussi utiliser des échantillons ou des paquets d’aliments vides. Laissez-les exposés dans la classe. (Voir la Ressource 2 : Idées d’expositions dans la classe.)

2. Organiser une discussion sur ce qui constitue une vie saine

Vous avez présenté des idées à propos des aliments et de la nutrition à vos élèves, et leur avez donné l'occasion de donner leurs propres idées au cours des activités.

Cependant, lorsque vous parlez d’une vie saine, vous devez aussi les encourager à prendre des habitudes saines, en utilisant ce qu’ils savent déjà. Par la discussion, vous pouvez les encourager à réfléchir à leurs habitudes quotidiennes et à trouver des façons de les améliorer.

Quelques sujets possibles de discussion :

  • prendre de l’exercice,
  • manger une alimentation aussi équilibrée que possible,
  • la conservation des aliments,
  • l’hygiène.

L’organisation d’une discussion doit être soigneusement préparée. Où est-ce que les groupes vont travailler  ? Qui sera dans quel groupe  ? Vous pouvez favoriser des groupes mélangeant bien les personnalités afin de favoriser les discussions, avec un élève qui sera responsable.

Pour encourager les élèves à participer, posez trois ou quatre questions aux groupes. Une ou deux peuvent être plus faciles – par exemple « Nommez trois habitudes saines » – et les autres devraient encourager les élèves à expliquer leurs idées – par exemple « Quelle est l’habitude que vous trouvez la plus importante  ? » « Pourquoi cela  ? »

Il est important qu’ils respectent les idées des autres, et qu’ils s’écoutent bien réciproquement.

Étude de cas 2 : Discussions de la classe au sujet d’une vie saine

Mme Bello voulait développer les idées de ses élèves au sujet d’une vie saine. Elle a décidé d’organiser des discussions sur un sujet différent chaque semaine pendant trois semaines.

Pour chaque discussion, elle a présenté le sujet à l’aide d’images ou d’histoires, et a posé quelques questions pour que les élèves commencent à réfléchir. Elle les a ensuite répartis en petits groupes de quatre ou cinq pour discuter d’un sujet en rapport, par exemple « Pourquoi devons-nous être aussi propres que possible  ? »

Pendant que les élèves parlaient, elle passait d’un groupe à l’autre pour écouter, en participant parfois à la conversation pour la faire avancer.

Après cinq ou dix minutes de discussion, elle a demandé à chaque groupe de dire de quoi il avait parlé, et d'expliquer les idées qui en ressortaient.

Finalement, elle a rédigé une liste de bonnes habitudes au tableau avec les élèves, afin qu'ils s'en souviennent et les enregistrent. Le lendemain elle leur a demandé de regarder la liste encore une fois et de dire ce qu’ils trouvaient le plus important.

Puis, Mme Bello a annoncé le sujet de la semaine suivante aux élèves et leur a demandé d’y réfléchir à l’avance.

Activité 2 : Préparer et organiser une discussion

Avec vos propres élèves, comment organiseriez-vous une discussion de groupe sur la vie saine  ?

Choisissez un sujet de discussion ou faites une liste dans laquelle ils pourront choisir. Préparez votre introduction.

Réfléchissez à la manière dont ils vont travailler – par groupes de deux, par groupes ou toute la classe ensemble  ? Identifiez le travail – discuter de la réponse à une question, ou demander à vos élèves de préparer une activité qui aide à rester en bonne santé.

Préparez vos instructions. Comment allez-vous vérifier qu’ils ont compris le travail  ?

Combien de temps vont-ils discuter  ? 10 à 15 minutes ou plus  ? Qu’allez-vous faire pendant qu’ils discutent  ?

À la fin de la discussion, demandez-leur les idées qu’ils ont eues. Réfléchissez à des questions que vous pourriez poser pour les aider. À combien d’élèves allez-vous poser ces questions  ? Préparez la manière dont vous allez résumer leurs meilleures idées, peut-être en dessinant une carte mentale ou carte conceptuelle. Voir la ressource clé : Utiliser les cartes conceptuelles et le remue-méninges pour explorer les idées.

Discutez avec les élèves de la manière dont ils vont mémoriser et utiliser ces idées.

Utilisez ces questions pour préparer votre cours sur un sujet concernant la vie saine. Après la leçon, réfléchissez à ce qui s’est bien passé, et à ce que vous feriez de façon différente la prochaine fois pour que cela soit plus efficace.

3. Utiliser la communauté locale pour apprendre encore plus

Les enfants doivent savoir beaucoup de choses pour rester en bonne santé. Ils peuvent apprendre certaines de ces choses à l'école, mais ils peuvent en apprendre aussi beaucoup à la maison ou dans leur entourage.

Pour les encourager à apprendre plus de choses dans leur communauté, donnez-leur des idées pour les aider à trouver des personnes susceptibles de les aider à apprendre. Cela les motivera pour chercher à apprendre. Une manière d’encourager cela est de leur donner des devoirs à faire à la maison qui leur feront poser des questions à leurs parents ou leurs grands-parents. Comment pouvez-vous aider les enfants à faire cela  ? Par exemple, quelles sont les informations qu’ils vont rechercher  ? Quelles questions poseront-ils  ? Comment enregistreront-ils les informations  ?

Il est également possible d’inviter dans la classe des personnes de la communauté locale qui connaissent les habitudes d’hygiène de la communauté. C’est ce que fait un enseignant dans l’Étude de cas 3. Vous pouvez aussi consulter la Ressource clé : Utiliser l'environnement local et la communauté comme ressource.

Étude de cas 3 : Utiliser une personne locale pour en savoir plus sur l’alimentation locale

M. Balouki a demandé à Mme Arégba de venir dans sa classe parler de l’alimentation locale. Mme Arégba est la première épouse du chef traditionnel, et chaque année elle rend visite aux écoles pour expliquer aux enfants comment les aliments sont cuisinés et conservés.

Elle apporte à l’école de la farine de manioc, de la semoule de maïs, du plantain, de la viande et du poisson séchés et explique aux élèves comment cuisiner ces aliments et comment les faire sécher au soleil.

Ils identifient tous les aliments qui sont disponibles localement. Voir la Ressource 3 pour voir des images des aliments disponibles au Togo. Les élèves sont très enthousiasmés par la visite, et ils écoutent avec attention. Ils adorent goûter les petits morceaux de plantains frits qu’elle cuisine pour eux.

Mme Arégba parle de la récolte des grains, de combien de temps la réserve locale va durer, et les élèves trouvent comment les autres aliments locaux poussent et sont conservés.

M. Balouki a vu comment cette nouvelle expérience d’apprentissage avait motivé ses élèves lorsque, le lendemain, un grand nombre d'entre eux sont venus lui dire comment leurs parents cuisinaient et conservaient certains aliments.

Activité clé : Utiliser les personnes-ressources locales

Cette activité traite de la manière dont vous pouvez préparer et faire un cours où vous invitez un expert local dans la classe. Pour préparer cela de façon efficace, vous devrez penser aux choses suivantes :

  • Quelles personnes-ressources locales pourraient rendre visite à votre classe  ? Quels sont les sujets relatifs à la santé dont ces personnes pourraient parler  ? Par exemple :
    • un agriculteur viendrait parler des aliments locaux,
    • un guérisseur traditionnel viendrait parler des plantes et des herbes médicinales,
    • une ménagère viendrait parler de la conservation et de la cuisine des aliments,
    • une infirmière viendrait expliquer les habitudes d’hygiène quotidiennes.

Vous devrez :

  • prévoir une activité pour vérifier les connaissances préalables des élèves sur le sujet ;
  • discuter avec les élèves de quelles questions ils vont poser au visiteur ;
  • dire au visiteur de quoi il doit parler, et pendant combien de temps ;
  • prévoir une activité des élèves après la visite, afin qu’ils explorent les idées de manière plus approfondie.

Pour la dernière activité, vous pouvez évaluer ce que les élèves ont appris en leur demandant d’écrire des histoires ou de faire des jeux de rôles qu’ils pourront partager avec la classe.

Vous pouvez maintenant faire votre cours tel que vous l’avez préparé, et réfléchir à son efficacité.

Vous pouvez approfondir les découvertes de vos élèves en faisant une présentation par la classe devant l'école entière.

Ressource 1: Habitudes de vie hygiéniques

Information préliminaire ou connaissance du sujet

Les informations suivantes sont utiles pour les différents sujets relatifs à une vie saine. Utilisez-les comme ressource pour concevoir des activités et guider des discussions.

Types d’aliments

Il est important de manger et, si possible, d'avoir une alimentation équilibrée.

Les aliments peuvent être classés de nombreuses façons différentes, en voici une qui est souvent utilisée en Afrique. C’est une liste de quatre groupes d’aliments de base, dont chacun a une fonction différente.

  • Les céréales – cela comprend les aliments tels que le pain, le riz, le maïs et le foufou. Ils nous donnent l’énergie qu’il faut pour faire du travail physique. Les céréales, qui sont des hydrates de carbone, nous donnent l’énergie.
  • Les fruits et les légumes – ils sont importants, parce qu’ils nous apportent les vitamines et les minéraux dont nous avons besoin pour être en bonne santé. En manger nous empêche d’être malade.
  • La viande, le poulet, le poisson, les œufs et les noix – ils contiennent tous des protéines. Les protéines contribuent à fabriquer les muscles. Nous avons besoin de protéines pour devenir grands et forts.
  • Les laitages – cela comprend le lait, le fromage et les yaourts. Ce type d’aliments contient beaucoup de calcium. Le calcium est important parce qu’il aide à fabriquer des os et des dents solides.

Manger un mélange de ces nourritures est la manière d’avoir une bonne alimentation. En mangeant une seule de ces sortes de choses tous les jours, nous pouvons avoir des problèmes de santé. Cependant, manger quelque chose est quand même mieux que de ne rien manger.

De nombreux enfants aiment manger des bonbons et du sucre. C’est très bien en petite quantité, car cela donne de l’énergie. Mais trop de sucre est mauvais pour les dents parce que cela peut provoquer des caries. Trop de sucre peut aussi nous faire grossir.

Conserver les aliments

Pour conserver les aliments, il y a un certain nombre de choses auxquelles il faut réfléchir.

Tout d’abord, certains aliments peuvent s’abîmer ou pourrir. Cela comprend la plupart des légumes, le poisson et la viande – mais certains peuvent mettre plus longtemps à s’abîmer que d’autres. Ils finissent par pourrir s’ils ont été laissés trop longtemps. Lorsqu’ils pourrissent, ils commencent par dégager une mauvaise odeur, et si on les mange, ils peuvent nous rendre malades.

Pour empêcher les aliments frais de pourrir, il faut les conserver dans un endroit frais de la maison ou de la cuisine, loin de la chaleur et de l’humidité. Une autre façon d’empêcher les aliments frais de pourrir est de les mettre en conserve. Cela implique de sécher la viande, le poisson ou les légumes au soleil ou sur un feu.

Certains aliments, en particulier en boîtes, peuvent s’abîmer s’ils sont conservés trop longtemps et de façon inappropriée.

D'autres, en particulier la viande, peuvent nous rendre malades s’ils sont cuisinés une fois puis réchauffés, mais sans être suffisamment recuits. Il est mieux de ne cuire que ce que l’on va manger dans la journée. Si vous réchauffez quelque chose qui a déjà été cuit, faites bien attention à le chauffer entièrement.

Enfin, les animaux – y compris de nombreux insectes – aiment aussi la nourriture, mais s'ils touchent nos aliments, ils y laissent des microbes qui peuvent nous rendre malades ou nous provoquer des ennuis de santé. Essayez de garder les aliments hors de la portée des animaux. La meilleure solution est de les conserver dans une boîte ou dans un récipient.

Pourquoi devons-nous nettoyer notre environnement

Nous nettoyons notre environnement pour nous protéger de la saleté et des maladies. On peut tomber malade par un contact avec de nombreuses choses différentes. Celles-ci comprennent :

  • des animaux et des insectes,
  • des aliments pourris,
  • des déchets,
  • des déjections animales ou humaines,
  • des produits chimiques,
  • des vêtements sales.

Pour cette raison, il est nécessaire d’éloigner ces choses des endroits où nous vivons, mangeons ou dormons. Vous pouvez y parvenir facilement en nettoyant votre environnement chaque jour, et en ramassant la saleté et les déchets pour les mettre dans un endroit éloigné de celui où vous vivez.

Bonnes habitudes d’hygiène

Il y a de nombreuses bonnes habitudes d’hygiène que vous pouvez mettre en pratique quotidiennement, dans l’objectif de rester propre et de vous protéger contre les maladies. Quelques exemples de bonnes habitudes :

  • se laver chaque jour si possible,
  • se nettoyer les dents chaque jour si possible,
  • se laver les mains avant de manger ou de cuisiner,
  • se laver les mains après avoir été aux toilettes,
  • tenir sa maison, ses vêtements et son environnement aussi propres que possible,
  • ne pas faire ses besoins près de la maison ou de la cuisine,
  • ne pas laisser traîner les aliments.

Les meilleurs exercices physiques

Tout exercice régulier est une bonne chose, mais c'est toujours une bonne idée d'essayer d'en faire une habitude.

Les exercices physiques que vous pouvez faire régulièrement sont par exemple :

  • marcher ou courir pour aller à l’école,
  • jouer à des jeux tels que le football,
  • nager,
  • travailler dans les champs,
  • faire du travail domestique.

Il est important d’essayer de faire de l’exercice physique tous les jours, parce que cela aide votre cœur à mieux fonctionner, et à développer vos muscles et votre forme générale. Si vous ne faites pas d’exercice régulier, cela vous sera plus difficile lorsque vous essaierez d’en faire. Vous aurez l’impression d’être faible et vous vous essoufflerez.

Ressource 2: Idées d’expositions dans la classe

Ressources que les enseignants doivent planifier et adapter au niveau ou aux besoins des élèves

Affichage sur une boîte de carton

Agrafez les travaux sur les côtés de la boîte.

Cousez ou collez des panneaux de carton pour fabriquer une boîte.

Une boîte peut présenter huit faces.

Cimaise et crochets d’exposition

Suspendez une tige au mur ou à une poutre par deux clous ou par des boucles de câble.

Des crochets ou des câbles permettront d’y accrocher facilement et rapidement ce que vous voudrez exposer.

Panneaux d'affichage

Des panneaux d’affichage peuvent être fabriqués avec des sacs de ciment recyclables, du tissu, des boîtes de carton, des tapis de sol ou des couvertures.

Pour que le panneau reste bien plat, fixez une tige de bois en haut et soit une autre tige de bois, ou des poids en bas.

Les bandes de bois en bas et en haut rigidifieront le panneau et le feront durer plus longtemps.

Fixez les objets qui doivent être affichés au panneau avec des punaises, des épingles ou des allumettes affûtées.

Adapté de Byers, Childs & Laine, The Science Teacher’s Handbook, publié par VSO/Heinemann

Ressource 3: Aliments locaux

Ressources que les enseignants doivent planifier et adapter au niveau ou aux besoins des élèves

Les quatre photos montrent quelques-uns des fruits et des légumes qui sont disponibles dans de nombreuses régions du Togo, et la manière dont certains sont préparés.

Ces images peuvent être utilisées pour lancer une conversation, lorsque vous cherchez à savoir ce que les enfants aiment manger dans l’Activité 1, et encore dans l’Activité clé au sujet d’une vie saine, si vous n’avez pas accès à des revues.

Vos élèves peuvent discuter de la raison pour laquelle ces aliments sont particulièrement bons pour eux, lesquels ils aiment et comment ils les cuisinent ou les mangent.

Un étalage de fruits où sont vendues des pommes de terre, des tomates et des ignames

Sauce goussi (sésame) à la viande et igname pilée (foufou) ou

Sauce à la viande d'agouti et igname pilée (foufou)

Étalage de pastèques

Du maïs doux et des mangues, cuits au bord de la route

Section numéro 4 : Promotion du bien-être émotionnel

Question clé: Organisation des activités contribuant au bien-être émotionnel des élèves  ?

Mots clés: apprentissage actif, instaurer l’estime de soi, entraînement à la réflexion, bien-être émotionnel

Résultats de l’apprentissage

À la fin de cette section, vous aurez :

  • organisé différentes activités permettant de développer le bien-être émotionnel des élèves et d'y contribuer dans votre classe;
  • travaillé d’une manière positive et affirmative;
  • réfléchi à votre propre comportement en développant le bien-être émotionnel de vos élèves.

Introduction

Il est beaucoup plus facile et amusant d’apprendre quand on se sent en sécurité et qu’on a confiance en soi. En respectant et en soutenant les élèves dans votre classe, en préparant des activités auxquelles ils auront l'impression d'avoir participé, vous contribuez à leur bien-être émotionnel.

1. Apprendre à partager et à mettre en partage

Les jeux sont des activités pratiques auxquelles les élèves peuvent participer en s’amusant et en apprenant. Ils peuvent aussi apprendre aux élèves à interagir entre eux pour partager des idées et des objets. Le partage est important à l’école parce que :

  • de nombreuses écoles ont peu de ressources, et les élèves doivent y accéder en groupe ;
  • les élèves ont des compétences différentes, le partage les encourage à s’entraider ;
  • encourager le partage et le travail de groupe signifie que tout le monde apprend, même si vous ne pouvez pas parler individuellement avec chacun de vos élèves ;
  • le partage fait partie de la vie, et nous devons tous coopérer quotidiennement ;
  • en partageant, on apprend comment aider les autres et demander de l’aide en retour ;
  • le partage est une façon de se faire des amis et d’encourager de bonnes interactions sociales.

Nous allons maintenant chercher des idées d’activités de partage, et voir comment encourager le partage dans votre enseignement quotidien.

Étude de cas 1 : Façons de partager

Membassi enseigne au cours moyen deuxième année (CE2) dans une école primaire du nord du Togo. Dans sa classe, il y a de nombreux enfants et peu de livres de cours, de cahiers et de crayons. Donc pour chaque activité de lecture ou d’écriture, elle organise les élèves en groupes qui vont partager les ressources.

Elle prévoit les activités comme ceci :

  • Chaque groupe dispose d’un livre de cours ou d’un livre de contes, d’un cahier et d’un crayon.
  • Dans un groupe, un élève a le livre et le lit aux autres, ou alors ils le font passer de l'un à l'autre et lisent à tour de rôle.
  • Un élève a le cahier et écrit les réponses.
  • Les autres élèves discutent tous des questions et des réponses.
  • Tous vérifient ce qui a été écrit.
  • Ils échangent les ressources après chaque type d’activité.

Avant de commencer une activité de lecture et d'écriture, Membassi demande à chaque groupe qui va lire et qui va écrire. De cette manière, elle vérifie que chaque élève pratique autant que faire se peut ses compétences à la lecture, à l’écriture et à la discussion tous les jours.

Les élèves apprennent à s’écouter entre eux, et à mettre leurs idées en commun. Ils acquièrent des connaissances les uns des autres, et apprennent à devenir amis.

Membassi modifie les groupes régulièrement, afin que les élèves puissent développer de nouvelles compétences et se faire de nouveaux amis.

Vous pourrez trouver d’autres idées dans la Ressource clé : Être un enseignant inventif et créatif dans des conditions difficiles.

Activité 1 : Un jeu de partage

C’est un jeu qui sert à pratiquer le langage et le partage.

  • Organisez votre classe en trois groupes.
  • Donnez à chaque personne du groupe 1 un morceau de carton sur lequel est écrit un pronom (c’est-à-dire je, tu, il, elle, nous, vous, ils).
  • Donnez à chaque personne du groupe 2 un morceau de carton sur lequel est écrit un verbe (par exemple, aime/aimes/aime/aimons/aimez/aiment ; vais/vas/va/allons/allez/vont ; mange/manges/mange/mangeons/mangez/ mangent ; etc.)
  • Donnez à chaque personne du groupe 3 un morceau de carton sur lequel est écrit un nom (par exemple, le football, à la maison, les mangues, etc.)
  • Dites à chaque élève de faire une phrase en trouvant d’autres élèves et en partageant leurs mots (par exemple « Elle aime le football »).
  • Puis demandez aux groupes de vérifier si les phrases des autres sont correctes.

Comment pouvez-vous adapter cet exercice pour enseigner d’autres matières et d’autres thèmes, comme par exemple les mathématiques ou les sciences  ?

Cette approche flexible de partage peut être utilisée pour de nombreux thèmes différents.

2. Attitude de l’enseignant pour aider les élèves à développer l’estime de soi

En tant qu’enseignant, un de vos rôles les plus importants est d’encourager et de soutenir vos élèves en tant qu’apprenants et en tant que personnes.

Un psychologue éducatif nommé Abraham Maslow a identifié certains des besoins émotionnels qui sont importants pour bien apprendre. Ils comprennent :

  • se sentir protégé et en sécurité,
  • avoir le sentiment d’appartenir à un groupe,
  • avoir suffisamment l’estime de soi.

Tous les élèves ont le désir de réussir, ce qui peut se mesurer par l’estime de soi. Ils le montrent dans la classe, en répondant aux questions avec enthousiasme. S’ils se sentent stupides, cela détruit leur estime d’eux-mêmes et les décourage.

Cependant, si vous leur montrez que leurs réponses peuvent être bonnes ou sont intéressantes, cela développe l'estime qu'ils ont d'eux-mêmes et encourage leur participation et leur réussite.

Vous pouvez encourager cela dans la classe en vous montrant un enseignant positif et déterminé. Cela signifie :

  • avoir un comportement positif et respectueux afin que les élèves se sentent suffisamment en confiance pour participer ;
  • faire en sorte que personne ne se sente stupide ou gêné en faisant part de ses idées ;
  • vérifier que tout le monde a compris les objectifs les plus importants de la leçon.

Pour ce faire, vous devez développer des stratégies d’enseignement qui ne rejettent aucune réponse donnée et qui utilisent les réponses des élèves pour les mener à une réflexion plus profonde. En procédant de cette manière, vous développez l’estime de soi chez les élèves.

Étude de cas 2 : Être un enseignant positif et déterminé

Pour encourager les élèves de sa classe du cours moyen première année (CM1) à contribuer à la plupart des cours M. William Nukunu utilise des activités de mise en commun dans le cadre de ses cours quotidiens. Les élèves ont commencé par apporter leur contribution en petits groupes et ont bientôt acquis une confiance suffisante pour participer face à la classe entière.

Afin de ne pas dégrader l’estime de soi qu’ont ses élèves, M. Nukunu a préparé la manière dont il devrait traiter leurs contributions.

Il pose une question à la classe. Si des élèves veulent répondre, ils lèvent la main et il choisit quelqu'un.

Si l’élève donne la bonne réponse tout de suite, M. Nukunu le félicite par des expressions telles que : « Très bien ! », « Bien joué ! », « Excellent ! »

Si l‘élève donne une réponse qui n’est pas bonne, il fait attention à ne pas dire « Non » ou « C’est faux ». Il dit plutôt quelque chose de neutre comme : « Presque », « Pas loin », ou « Pas tout à fait ». Il peut demander à l’élève « Essaie encore », et lui donner un indice ou essayer de le faire réfléchir un peu plus.

Si l’élève reste bloqué, M. Nukunu passe rapidement, en disant : « Est-ce que quelqu’un d’autre peut nous aider  ? ». Avec le temps, il a remarqué que les enfants prenaient de plus en plus confiance.

Activité 2 : Développer l’estime de soi

Une des manières de développer l’estime de soi de vos élèves est de les aider à prendre conscience de leurs propres compétences.

Demandez-leur de décrire différentes choses qu’ils aiment faire, à la maison et à l'école.

Maintenant, demandez-leur de réfléchir à quelles activités ils sont particulièrement bons.

Répartissez-les en groupes. Puis demandez à chaque élève d’identifier trois compétences particulières qu’il a et de les dire au groupe.

Demandez à chacun de décrire ces compétences par écrit et de dessiner des images d’eux-mêmes en train de faire chaque activité. Affichez les résultats de leur travail sur le mur.

Lors du cours suivant, prolongez ce travail en demandant à vos élèves de discuter de ce qu’ils aimeraient devenir ou faire lorsqu’ils seront grands.

3. Créer un environnement positif

Nous avons discuté de la manière dont nous pouvons aider les élèves à s'identifier et à expliquer les impressions qu'ils ressentent. Comme les émotions reflètent fortement la personne que nous sommes en tant qu’individu, elles peuvent aussi nous faire réagir d'une manière que nous ne pouvons pas toujours contrôler.

Nos impressions et notre comportement sont liés à deux choses :

  • la situation particulière dans laquelle nous nous trouvons ;
  • notre réaction émotionnelle aux situations, et notre compréhension de ce qui est une manière socialement acceptable de montrer ce que nous ressentons.

Par exemple, une de vos élèves peut être surexcitée. Votre réaction immédiate peut être de ressentir de la colère. Mais le montrer pourrait perturber la bonne atmosphère de la classe.

Donc, pour calmer la situation, vous pouvez lui demander de s’asseoir tranquillement, ou lui donner un travail, comme distribuer les livres, qui détournera son attention.

Les élèves les plus jeunes mettent du temps à comprendre totalement leurs émotions, et les règles sociales qui disent que nous devons bien nous tenir. Lorsque nous sommes jeunes, nous nous trouvons souvent dans des situations émotionnelles pour la première fois et nous ne savons pas comment réagir. Au fur et à mesure que nous grandissons, nous apprenons à mieux comprendre nos émotions et à contrôler la manière dont nous réagissons dans les différentes situations.

Nous allons maintenant chercher des idées qui pourront encourager cela dans votre classe.

Étude de cas 3 : S’aider les uns les autres

Mme Kéké a commencé à travailler avec ses élèves du cours préparatoire deuxième année (CP2), sur ce qu’ils ressentent et sur leur comportement – ce qui les rend heureux, tristes, ce qui provoque leur colère ou leur fait peur.

Après cela, elle a organisé un travail avec ses élèves afin de faire une liste de choses qu’ils pourraient faire pour rendre les autres heureux et les empêche d’être tristes, en colère ou d’avoir peur.

Des discussions en groupes et dans la classe entière les ont aidés à élaborer un tableau de règles régissant l’interaction avec les autres à l’école. Cela comprenait des choses telles que : « Nous nous dirons tous bonjour tous les matins », et « Nous ne nous dirons pas de méchancetés. » Ils ont relié chaque règle avec un sentiment en dessinant un visage heureux ou un visage triste à côté.

Grâce à ce tableau, chaque fois qu’il y avait un problème de comportement dans la classe, Mme Kéké pouvait se reporter aux règles. Elle reliait toujours le comportement avec les différents sentiments qu'il provoquait.

De cette manière, ses élèves pouvaient percevoir le lien entre leur comportement et les impressions que ressentaient les autres. Ils ont fini par faire plus attention aux autres.

Activité clé : Réfléchir à votre propre comportement

Dans cette activité, il vous est demandé de réfléchir à votre propre comportement, et de voir comment vous pourriez le rendre plus actif et soutenir encore plus les élèves.

Tout d’abord, posez-vous les questions qui sont dans la liste de la Ressource 1 : Réfléchir à votre propre comportement.

Écrivez vos réponses.

Consultez les études de cas que nous proposons dans cette section. Choisissez dans chacune un exemple de travail que vous pourrez appliquer à votre propre situation d’enseignement.

Décrivez par écrit la manière dont vous l’appliquerez dans votre propre classe.

Enfin, faites un plan d’« action positive ». Écrivez cinq phrases qui décrivent quel comportement positif vous aurez chaque jour, par exemple « Je dirai bonjour à tous mes élèves lorsque je les verrai jouer dans la cour de récréation. »

Étendez cela à votre interaction avec vos collègues. Vous pouvez peut-être aussi leur parler de vos idées et prévoir de faire ces actions ensemble.

Voir la Ressource 2 : Les réflexions de Mme Akossou sur son approche pour voir comment une enseignante a procédé dans sa classe.

Ressource 1: Réfléchir à votre propre comportement

Information préliminaire ou connaissance du sujet

À l’aide des questions ci-dessous, pensez à votre propre comportement en tant qu'enseignant. Répondez honnêtement aux questions. Est-ce qu’il y a des exemples dans les activités que vos élèves font en classe qui viennent conforter vos idées  ?

  • Êtes-vous un enseignant positif ou négatif dans la manière dont vous traitez vos élèves  ? Comment pourriez-vous être plus positif ou positive  ?
  • Essayez-vous de les encourager ou de les décourager  ? Comment  ? Comment pouvez-vous les encourager encore plus  ?
  • Les rendez-vous heureux lorsqu’ils apprennent  ? Comment  ?
  • Les rendez-vous quelquefois tristes, ou provoquez-vous leur colère ou leur peur  ? Comment  ?
  • Quel aspect de votre comportement d’enseignant aimeriez-vous changer  ? Comment pourriez-vous faire cela  ?
  • Quel aspect du comportement social de vos élèves souhaiteriez-vous changer  ? Comment pourriez-vous les aider à parvenir à ce changement ?

Ressource 2: Les réflexions de Mme Akossou sur son approche

Information préliminaire ou connaissance du sujet

Des enseignants du district, dont Mme Akossou, étaient en période de formation au sein de leur classe sur le développement positif de l’estime de soi de leurs élèves. Dans le cadre de ce programme de formation, il leur avait été demandé de tenir un journal pendant deux jours la semaine suivante, et, à chaque fois que possible, d’inscrire toutes les fois où ils félicitaient leurs élèves, et celles où ils les réprimandaient ou ignoraient leur comportement.

Dans un graphique similaire à celui du tableau ci-dessous, ils cochaient à chaque fois qu’ils faisaient une des actions. Il n’était pas toujours possible de remplir le tableau pendant le cours par manque de temps, mais Mme Akossou a conservé le graphique dans le cahier de préparation de cours, pour pouvoir le remplir quand elle avait un moment, ou dès que le cours était terminé.

CoursFélicité 1 élèveFélicité plusieurs élèvesIgnoré 1 élèveIgnoré plusieurs élèvesRéprimandé 1 élèveRéprimandé plusieurs élèves
Jour 1Maths
Anglais
Sciences
Sciences humaines
Arts
Éducation physique
Jour 2Maths
Anglais
Sciences
Sciences humaines
Arts
Éducation physique

Lors de la session du programme de formation suivante, il leur a été demandé d’examiner les données et d’identifier l’action qu’ils avaient faite le plus souvent en classe. Etait-ce la réprimande ? Si c’était le cas, pouvaient-ils dire pourquoi  ?

Lors d’une discussion de groupe, la formatrice, Mme Oukpo, leur a demandé de réfléchir à ce qu'ils pourraient faire pour rendre l'atmosphère dans leurs classes plus positive. Chaque groupe a dû faire une liste de six choses qu’ils pouvaient faire pour développer une atmosphère positive dans la classe.

En analysant ses données, Mme  Akossou a remarqué qu’elle était plus négative avec ses élèves lors des cours de sciences que lors des autres cours, et elle s’est demandé pourquoi. Peut-être était-ce parce qu’elle se sentait moins confiante en ses propres connaissances, parce que quand elle était enfant, elle n’aimait pas les sciences. Elle se sentait souvent moins organisée et plus nerveuse si les élèves lui posaient des questions.

Elle a fait une liste de choses qu’elle pouvait faire pour aider sa classe et améliorer sa propre interaction avec ses élèves.

  • Bien préparer mes cours.
  • Vérifier mes propres connaissances sur le sujet.
  • Réfléchir aux questions à poser aux élèves et aux questions qu’on peut attendre d’eux.
  • Penser à des façons d'accepter leurs réponses, par exemple :
    • « C’est une idée intéressante, mais tu pourrais penser un peu plus à… », et ensuite reposer la question d’une façon différente.
    • « Je n’avais pas pensé à cette idée – comment peut-on la relier à ma première question  ? »

Ce genre de questions encourage l’élève à réfléchir plus et à participer plus ; on ne lui dit pas qu’il est stupide ou qu’il a tort. Donner à mes élèves une chance de poser leurs propres questions sur un sujet s’ils ne comprennent pas. Permettre aux autres élèves de donner les réponses à ces questions, au lieu d’être la seule à répondre.

Progressivement, au cours des semaines suivantes, elle est devenue plus confiante et a trouvé que, du fait de sa meilleure préparation, elle était moins inquiète et par conséquent criait moins. Ses élèves ont commencé à apprécier de plus en plus les cours de sciences.

Section numéro 5 : Promotion du bien-être spirituel

Question clé: Comment pouvez-vous promouvoir le bien-être spirituel dans votre classe  ?

Mots clés: attitudes positives, narration, activités regroupant toute l’école, bien-être spirituel

Résultats de l’apprentissage

À la fin de cette section, vous aurez :

  • exploré différentes manières d'inciter des attitudes positives dans la classe;
  • utilisé la narration et la discussion pour aider les élèves à se sentir sécurisés et en sécurité;
  • identifié les comportements individuels qui soutiendront l’apprentissage des élèves;
  • préparé des activités permettant de célébrer la vie avec la classe entière et l’école.

Introduction

Le développement du bien-être spirituel chez vos élèves signifie qu'ils sont heureux et satisfaits dans leurs vies quotidiennes et sont en paix avec eux-mêmes et avec les autres. Le bien-être spirituel couvre tous les aspects de la vie de chacun des élèves, y compris les aspects physique et émotionnel.

Dans cette section, nous allons examiner les facteurs relevant du bien-être spirituel et considérer comment prévoir des activités qui vont l'améliorer. Vous devez savoir ce qui va déranger ou rassurer vos élèves et en tenir compte dans votre enseignement. Nous vous conseillons d’employer la narration et des activités regroupant toute l’école pour instaurer le bien-être spirituel.

1. Aider les élèves à se sentir en sécurité

Votre comportement à l’école peut avoir un impact important – positif ou négatif –, sur le comportement de vos élèves et leur motivation à apprendre. La manière dont les élèves interagissent entre eux peut également avoir un impact important. Nous avons déjà abordé différentes façons d'encourager vos élèves à prendre en compte ce que ressentent les autres. Ici, nous allons plus spécifiquement discuter de la façon de les faire se sentir plus sécurisés et plus en sécurité parce qu'ils apprennent mieux lorsque c'est le cas.

Tout le monde voudrait se sentir sécurisé et être en sécurité. Dans de nombreux endroits, les gens construisent des maisons avec des murs épais, des fenêtres et des portes afin de se sentir en sécurité chez eux. D’autres personnes mettent des dispositifs de protection sur leurs maisons et leurs voitures. Et d’autres font même des rondes avec des armes dans un objectif de sécurité.

Mais toutes ces choses ne nous protègent que physiquement. Comme nous l’avons vu, on ne se sent émotionnellement en sécurité que lorsqu'on est entouré de personnes à qui l'on fait confiance. La meilleure façon d’y parvenir est de développer un réseau coopératif d'amis et de partenaires.

À l’école, lorsque les élèves ne se sentent pas en sécurité, qu’ils sont inquiets ou soucieux, ils ne peuvent pas apprendre efficacement.

Étude de cas 1 : Aller à pied à l’école en toute sécurité

Un jour, Toukoui – enseignant à l’école primaire au Togo, a trouvé un petit garçon inquiet, qui pleurait, assis au milieu des autres élèves. Les autres élèves le réconfortaient et lui demandaient ce qui se passait en utilisant le type de langage qu'ils avaient appris pour discuter de ce qu'ils ressentaient.

Après quelques minutes, le garçonnet a expliqué que sur le chemin de l’école qu’il faisait à pied, trois garçons plus âgés munis de bâtons l'avaient poursuivi, en criant qu'ils allaient le frapper et lui prendre son cartable et ses chaussures. Il s’était enfui pour se cacher dans l’école.

Avec l’aide des autres élèves, Toukoui a calmé le garçon en lui expliquant qu’il était maintenant en sécurité. Ils lui ont dit que maintenant il était à l’école, et que les garçons n’entreraient pas dans l’école. Et aussi, que son enseignant était avec lui, et qu’il les empêcherait de l’embêter. Il était entouré de ses amis qui, eux, le protégeraient.

Après l’école, ses amis l'ont accompagné à pied jusque chez lui et ont discuté de ce qui s'était passé avec sa famille et ses voisins.

Le jour suivant, Toukoui a décidé d'organiser une autre discussion avec ses élèves à propos de la sensation d'être sécurisé et en sécurité, et de la manière de s’aider les uns les autres. Activity text in paragraphs or bullets, as required.

Activité 1 : Se sentir en sécurité – discussion

Organisez une discussion sur la sensation d’être sécurisé et en sécurité. Commencez par raconter l’histoire du garçon de l’étude de cas.

Demandez à vos élèves de travailler en petits groupes et de décrire des situations à l’école et à la maison où ils se sentent

  • a.sécurisés et en sécurité et
  • b.en danger.

Avec toute la classe, identifiez des points généraux concernant les situations où l’on se sent en sécurité ou pas. Faites-en la liste au tableau, en deux colonnes.

Demandez aux groupes de discuter de ce qu’ils pourraient faire pour que tout le monde se sente sécurisé et en sécurité en classe et dans la cour de récréation.

Enfin, faites une liste de comportements qui feront que l’on se sentira en sécurité en classe et dans la cour de récréation, et affichez-la sur le mur.

2. Apprendre à connaître les élèves pour leur proposer des activités qui leur conviennent

Ce que nous aimons ou n'aimons pas peut affecter la manière dont nous apprenons. Les activités que nous aimons et qui nous intéressent nous motivent, alors que les activités que nous n’aimons pas peuvent nous empêcher d’apprendre.

Les personnalités des élèves et ce qu'ils ressentent ont un impact important sur la manière dont ils réagissent aux différentes activités. Certains enfants sont très timides et ne parleront pas devant les autres, alors que d’autres adorent se mettre en avant. Certains élèves aiment travailler seuls, d’autres réussissent mieux en groupe. Certains aiment apprendre en lisant, d’autres en parlant.

Vous devrez découvrir les types d'activités que vos élèves aiment ou n'aiment pas, de manière à mieux préparer vos leçons afin de mettre vos élèves en situation de bien-être intellectuel, ce qui les aidera à apprendre mieux.

Étude de cas 2 : S’organiser pour promouvoir le bien-être spirituel

Après avoir discuté du fait de se sentir en sécurité avec ses élèves, M. Baoubadi a noté différentes approches lui permettant d'inclure des activités mieux ciblées dans ses leçons:

La plupart des enfants aiment jouer entre eux. Par conséquent, les jeux de groupe doivent régulièrement être incorporés aux cours. Certains enfants aiment avoir des périodes tranquilles. Par conséquent, il a décidé de garder des plages pour les activités solitaires telles que la lecture, l'écriture et le dessin.

Tous les enfants aiment chanter et aiment la musique. Il a donc décidé d’utiliser les chansons pour les motiver et les rendre heureux.

Aucun enfant n’aime être effrayé. Il doit donc faire attention à ne pas se mettre en colère contre eux en classe. Il doit aussi surveiller les comportements trop autoritaires ou même agressifs que pourraient avoir les enfants aux personnalités les plus fortes de la classe.

M. Baoubadi a pensé à chaque enfant de la classe en particulier, et les a regardés attentivement lorsqu’ils travaillaient. Il a remarqué comment chacun réagissait aux différentes activités.

Il a utilisé ces informations pour organiser des cours qui comprennent à la fois des activités solitaires et des activités de mise en commun. Il a organisé les groupes de manière à ce que :

  • personne ne soit isolé,
  • il n’y ait pas de conflit de personnalité,
  • tout le monde puisse contribuer,
  • chacun soit content de travailler avec les autres.

Activité 2 : Identifier les personnalités de vos élèves

Pensez aux différentes personnalités de vos élèves dans la classe, et à la manière dont ils vont réagir à la façon dont vous enseignez. Demandez-vous :

  • Quels sont les élèves qui répondent toujours aux questions  ?
  • Quels sont les élèves qui ne parlent pas en classe  ?
  • Comment décririez-vous leurs personnalités  ?
  • Quels sont les élèves qui travaillent bien en groupe  ?
  • Quels sont ceux qui travaillent bien tout seuls  ?
  • Quels sont les élèves qui se comportent mal lorsqu’ils sont en groupe  ?
  • Quels sont ceux qui ont des difficultés à travailler seuls  ?

Maintenant, pensez aux activités que vous proposez :

  • Quelles sont les activités que les élèves préfèrent  ?
  • Quelles sont les activités que les élèves aiment le moins  ?
  • Quelles sont les activités qui aident le mieux les élèves à apprendre  ?

Positionnez les élèves sur les types d’activités qui leur conviennent le mieux.

  • Comment pouvez-vous organiser les différentes activités de manière à ce que chaque élève en profite  ?

Organisez un cours à l’aide de ces idées. Enseignez ce cours puis réfléchissez :

  • Est-ce que vos idées ont bien marché ?
  • Comment est-ce que les élèves ont réagi au cours  ?
  • Qu’est-ce que vous changeriez pour la prochaine fois  ?

3. Célébrer les réussites des élèves

Lire la Ressource 1 : Célébrations.

Lorsque vous donnez un soutien positif à vos élèves, vous les aidez à se mettre en valeur et à célébrer leur réussite. Cela peut comprendre :

  • la reconnaissance de leurs succès et de leurs réussites,
  • la reconnaissance de leurs compétences et de leurs talents.

Les élèves répondent bien au soutien positif. Lorsque vous mettez leurs réussites en valeur, vous leur donnez :

  • des encouragements,
  • la motivation de réussir encore plus,
  • une meilleure estime d’eux-mêmes et plus de confiance.

La mise en valeur ne doit pas nécessairement être un grand événement. Dire simplement « C’est bien ! » à un élève est une petite mise en valeur, et lui donne le soutien positif qui est décrit ci-dessus.

Vous pouvez aussi envisager la mise en valeur au niveau de la classe ou de l’école.

Cette partie traite des façons de mettre en valeur les compétences et les talents. Il peut ne pas s’agir de compétences et de talents scolaires, mais de choses que les élèves savent très bien faire, ou aiment faire en dehors de l’école.

En mettant ces activités en valeur, vous montrez que l'école :

  • reconnaît toutes les compétences de vos élèves,
  • soutient les élèves dans les autres aspects de leurs vies.

Cela encouragera vos élèves à sentir que l’école est un endroit où ils sont admirés et respectés de façons différentes.

Étude de cas 3 : Préparer un spectacle

Mme Alade a remarqué que, pendant la récréation, de nombreux élèves jouaient à des jeux au cours lesquels ils chantaient et dansaient. Elle a pensé qu’elle pouvait utiliser cela dans son enseignement. Elle a demandé au directeur si sa classe pouvait préparer un spectacle. Les enfants étaient très excités. Pour organiser cela, elle a suivi les étapes suivantes :

  • Elle a discuté avec la classe du thème qu’ils voulaient représenter.
  • En groupes, ils ont discuté des différentes choses qu’ils voulaient inclure dans les 15 minutes de représentation qui leur étaient allouées.
  • En classe entière ils ont décidé de faire une séance sur la mise en commun. Ils ont préparé une représentation, une courte pièce, une chanson et une danse. Il était important de choisir des choses qui impliquaient autant d’élèves que possible.

Certains élèves ne voulaient pas se mettre en avant, mais Mme Alade a pu les impliquer dans la confection des costumes, ou comme souffleurs.

Au fur et à mesure qu’ils préparaient leurs activités, Mme Alade a vérifié que chacun savait exactement ce qu'il avait à faire. Personne ne serait obligé de parler en public s’il ne le voulait pas.

Ils ont joué la représentation devant l’école entière. C'était très original et tout le monde a apprécié. Le directeur a décidé d’en faire un événement régulier, et que dorénavant les classes proposeraient des spectacles ou des démonstrations de ce qu’ils avaient appris à tour de rôle.

C’était une bonne façon de développer la confiance et l'estime de soi-même chez les élèves.

Voir la ressource clé : Utiliser les jeux de rôles, l’expression orale et l’art dramatique dans la classe. pour avoir plus d’idées.

Activité clé : Préparer la célébration d’un événement

Pour aider vos élèves à préparer un événement, vous devez d’abord en explorer les divers aspects avec eux.

  • Demandez-leur, par groupes, de nommer les différents événements qu'ils célèbrent. Demandez-leur de faire la liste des différentes activités pour célébrer un événement.
  • Identifiez, avec vos élèves, un événement qu’ils pourraient célébrer à l'école.
  • Demandez-leur d’organiser des choses pour la célébration – des activités, des pièces, des chansons, etc. Assurez-vous que chacun est impliqué d’une manière ou d’une autre, même ceux qui ne se mettront pas en avant. Aidez-les à répéter.

Lorsque la classe est prête, jouez la représentation devant une autre classe ou devant l’école entière. Vous pouvez inviter les parents et la communauté locale.

Le jour suivant, demandez aux élèves d’écrire une description de tout ce qu’ils ont fait pour préparer l’événement. Demandez-leur d’identifier les nouvelles compétences qu’ils ont développées. Demandez-leur quel est le prochain événement qu’ils voudraient célébrer.

  • Est-ce que c'était réussi  ?
  • Comment est-ce que vous le savez  ?
  • Comment est-ce que les élèves ont réagi  ?

Ressource 1: Célébrations

Information préliminaire ou connaissance du sujet

Le bien-être spirituel signifie être content de sa vie quotidienne. Cela couvre une large gamme de choses qui comprend :

  • être en bonne santé,
  • bénéficier d’un appui émotionnel,
  • avoir de bonnes relations avec son entourage,
  • pouvoir profiter de ses activités quotidiennes, y compris les études, le travail et le jeu.

Une des manières d’assurer tout cela est d’identifier et de célébrer les événements de la vie qui nous rendent heureux, par exemple les occasions particulières comme les fêtes religieuses, les anniversaires et les jours fériés.

Une partie de l’idée qui est derrière ces célébrations est de passer du temps avec la famille et les amis. Lors de ces événements, nous profitons de leur compagnie, nous nous sentons heureux et en sécurité. Les événements sont souvent liés à des nourritures particulières, de la musique, des jeux et des cadeaux.

Il est possible de célébrer des événements de la même façon à l’école. L’école est une communauté et il s’y passe de nombreuses choses que tout le monde aime faire ensemble. Les célébrations de l’école peuvent être liés à, par exemple :

  • Des fêtes religieuses comme l’Aïd ou Noël,
  • Le jour de l’Indépendance Nationale
  • La Journée Mondiale de l’Environnement,
  • La Journée Internationale des Femmes
  • La Journée Mondiale de l’Alphabétisation,
  • Le Jour des Enfants
  • La Fête du Travail
  • La Journée Mondiale de la Communication,
  • La Journée Mondiale du SIDA.

Quels sont les types d’activités que vous pourriez prévoir pour les célébrer ?