3.7 Les quatre expressions du pouvoir

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Appliquons ce cadre pour mieux comprendre comment le changement s’est produit dans l’étude de cas du peuple Chiquitano :

Pouvoir intérieur : ce changement s’inscrit dans le cadre d’une évolution plus large de l’identité autochtone. Dans les années 1980, inspiré en partie par des émissions de radio en langue chiquitano, le peuple Chiquitano commence pour la première fois à s’identifier en tant que peuple autochtone. L’identité autochtone commence alors à remplacer l’identité paysanne classiste promue par le mouvement nationaliste lors de la révolution bolivienne de 1952. Une femme âgée témoigne : « Ce n’est que depuis récemment que nous commençons à nous appeler Indiens et Indiennes chiquitano... nous partageons des traits communs et avons toutes et tous été livré·es à des chefs qui nous appelaient "cambas" ou paysans jusqu’à il y a peu. » Plus récemment, l’accès à l’éducation permet à de jeunes membres des communautés chiquitano de fréquenter l’université pour la première fois.

Pouvoir collectif : le « pouvoir intérieur » conduit rapidement à un « pouvoir collectif » sous la forme d’associations culturelles qui prennent très vite un caractère explicitement politique. L’Organización Indígena Chiquitana (OICH) rassemble plus de 450 communautés. Un tournant s’opère lorsque le peuple Chiquitano décide de s’associer aux communautés indiennes des hauts plateaux, beaucoup plus nombreuses. Carlos Cuasase, leader chiquitano (et actuellement sénateur), raconte : « Nous avons rencontré l’un des leaders des hauts plateaux et nous lui avons dit qu’il avait les mêmes problèmes et les mêmes besoins que nous. Nous nous sommes mis d’accord non seulement sur [la loi de nationalisation] des hydrocarbures, mais aussi sur la défense des droits des populations autochtones des hauts et des bas plateaux. » Ces efforts collectifs sont toutefois contrariés par les intérêts des sociétés d’exploitation forestière et minière, dont il est dit qu’elles sèment la division sociale en soudoyant certains leaders et certaines communautés.

Pouvoir d’agir : suite aux manifestations qui renversent le président Sánchez de Lozada en octobre 2003, les pièces d’identité deviennent plus faciles à obtenir et les candidat·es sont autorisé·es à se présenter indépendamment des partis politiques traditionnels. Les populations autochtones remportent ainsi des victoires importantes lors des élections municipales de 2005.

Pouvoir dominant : un militant chiquitano se souvient : « Mon père n’a jamais eu conscience de nos droits. Nous faisions ce que les Blancs nous disaient de faire ; eux seuls pouvaient être au pouvoir, être présidents. On ne pouvait même pas se rendre au centre-ville, les gens nous conspuaient. Nous avons par la suite créé notre propre organisation et élu nos propres leaders. C’est à ce moment-là que nous avons réalisé que nous avions des droits. » Mais les militant·es chiquitano savent que la lutte pour faire valoir leurs droits n’est pas terminée. Avec les décisions prises par le gouvernement central concernant le modèle économique du pays, notamment l’accent mis sur les industries extractives, leurs terres restent menacées par la déforestation.

3.6 Présentation de l’analyse du pouvoir

3.8 Les formes de pouvoir