Unité 5 : Répondre
5.4 Comment gérer la révélation

© Syda Productions / Shutterstock
Une compétence clé dans la gestion des révélations est l'écoute active. Cela donne aux victimes le sentiment d'être écoutées et prises au sérieux.
L'écoute active exige que l’auditeur :
- Montre à la victime qu’il souhaite son bien-être et qu’il l’aide à se confier ;
- Lui accorde toute son attention et adopte un langage corporel ouvert et encourageant ;
- Fasse preuve de compassion, de compréhension et lui donne l’assurance que ses sentiments sont importants ;
- Utilise des expressions telles que « ce n'est pas de ta faute » ou « tu es si courageux » pour la rassurer ;
- Respecte les blancs dans la conversation et n’interrompe pas la victime – il doit la laisser aller à son propre rythme ;
- Répète ce que dit la victime pour vérifier qu’il a bien compris et emploie ses mots pour valider son expérience ;
- Pose des questions ouvertes, par exemple : « que s'est-il passé ensuite ? » et ne parle pas à la place de la victime.
Faites en sorte que la discussion se passe dans un lieu confidentiel où la victime se sent en sécurité. Respectez la confidentialité et ne divulguez les informations qu'aux personnes qui ont besoin de les connaître (par exemple, l'agent désigné de la protection).
Nous vous recommandons de prendre note de ce que la personne dit au cours de l’entretien, ou dès que celui-ci est terminé, pendant que vous en avez encore une mémoire vive. Prenez note de son langage corporel ou de tout signe ou symptôme. Ne faites pas part de votre opinion dans votre rapport.
Les choses à ne pas faire :
- Avoir une idée préconçue de la situation ;
- Ignorer la situation ou nier ce qui est dit ;
- Afficher des signes d'agacement, de colère ou de désapprobation ;
- Faire des promesses que vous ne pourrez peut-être pas tenir. Par exemple, ne promettez pas de garder le secret lorsque vous savez que vous avez le devoir de signaler le cas pour éviter d'autres préjudices. Vous devez donc informer la personne que vous avez l’obligation de signaler le cas avec sa permission (s'il s'agit d'un adulte) et en tenant compte des risques pour sa sécurité.
- Contacter ou affronter l'auteur présumé des faits par vous-même (nous en verrons plus à ce propos ultérieurement) ;
- Interroger la personne plusieurs fois – cela peut la mener à penser que vous ne la croyez pas.
Nous tenons à souligner ici que seules les personnes qui ont reçu une formation ou qui possèdent une expertise en la matière doivent interroger des enfants ou des adultes en situation de handicap, car cela nécessite des compétences professionnelles.
Il peut s'agir de travailleurs sociaux qualifiés, de policiers, de psychologues et de pédiatres.
Les responsables de la sauvegarde doivent réfléchir attentivement à la manière de gérer les révélations afin que cela ne constitue pas un nouveau traumatisme pour les survivants. Par exemple, de tels entretiens doivent avoir lieu en présence d’un adulte de confiance (choisi par le survivant) pour le soutenir.
Avant de passer à la section suivante, en fonction des informations que vous avez vues sur la gestion des révélations, réfléchissez aux mesures que vous pourriez prendre pour vous assurer que cette bonne pratique est incluse dans les procédures de sauvegarde de votre organisation.
![]()
Vous voulez en savoir plus ?
Cette activité de sauvegarde en RV vous donne l'occasion de vous mettre à la place de la personne qui gère la révélation d'abus sexuels.
