3.2. En pratique, quels régimes alimentaires et quelle progression vers ceux-ci ?

L’impact climatique d'un régime alimentaire dépend :
  • du type d’animal que l'on mange : manger seulement des animaux monogastriques et leurs produits (porc, volaille et œufs), en excluant tout ce qui vient des ruminants (viande et lait) pourrait réduire les émissions de GES de 53 %, tandis que ne pas manger de viande mais consommer du fromage, comme dans un régime ovo-lacto-végétarien classique, ne permettrait de réduire les émissions que de 36 % (Bryngelsson et al. 2016).

  • des modes de production agricoles : un régime végétalien dans lequel les fruits et légumes sont produits sous serre chauffée ou acheminés par avion pourra avoir un impact climatique comparable à celui d’un régime végétarien traditionnel, malgré des restrictions beaucoup plus importantes (Rosi et al. 2017).

Tableau 2. L'impact des aliments ne suit pas une séparation animal/végétal

Les légumes de saison et la volaille ont un faible impact, au contraire des aliments issus des ruminants ou de serre chauffée

Ainsi, un régime à faible impact climatique implique de :

  • consommer moins de produits d’origine animale, et en particulier moins de viande de ruminants mais aussi moins de produits laitiers,

  • veiller à consommer des fruits et légumes cultivés à l’extérieur durant leur saison naturelle et à relativement faible distance, pour minimiser l’énergie requise pour le chauffage, l’éclairage, la réfrigération, le transport et le stockage.

Cela indique deux points d’équilibre :

  • organiser les apports nutritionnels selon un équilibre omnivore où les protéines sont fournies par des animaux monogastriques, et compte-tenu des recommandations nutritionnelles, par la volaille (viande et œufs) plutôt que par le porc.

  • organiser les apports nutritionnels selon un équilibre végétal où les protéines sont fournies par la combinaison céréales + légumineuses ou par le soja.

Dans les deux équilibres, les fruits et les légumes ont un rôle gustatif très important, et certains nutriments demandent à avoir des apports bien planifiés pour couvrir tous les besoins.

Ces deux équilibres peuvent être associés dans des proportions variables dans le régime alimentaire, par exemple, avec 70 % des repas conçus selon l’équilibre omnivore et 30 % selon l’équilibre végétal.

Nous nous concentrons dans cette première partie de la formation sur l’équilibre omnivore. L’équilibre végétal sera abordé dans la seconde partie de la formation.