0.4. Comment réduire ?

Faut-il devenir végétarien ?

Exclusions du regime vegetarien

La répartition des aliments contributeurs suggère que devenir végétarien n’est pas la meilleure option pour réduire ses émissions. Le fromage, qui occupe une place importante dans l’alimentation végétarienne, est très émetteur. La volaille qui est exclue de ce régime, est peu émettrice. Les aliments d’agrément, qui sont les deuxièmes plus gros contributeurs mais qui ne contiennent pas de viande, sont généralement laissés de côté dans la discussion, et il y a alors un risque qu’ils restent présents en excès.

Faut-il devenir végétalien ?

Exclusions du regime vegetalien

C’est ce que suggèrent un certain nombre d’études. Exclure les aliments d’origine animale et les aliments contenant des ingrédients d’origine animale revient effectivement à exclure la plupart des catégories qui contribuent le plus aux émissions de gaz à effet de serre de l’alimentation. Cependant, en France, les végétaliens ne représentent que 3 personnes sur 1000, et seulement 1 végétalien(ne) sur 3 suit véritablement ce régime (« Végétariens et flexitariens en France en 2020. Enquête IFOP pour FranceAgriMer » 2021). Cela indique que ce régime est difficile à suivre, pour plusieurs raisons : il est très minoritaire, et il exclut complètement un grand nombre d’aliments. Pour être adopté dans la longue durée, un régime alimentaire ne doit pas être trop contraignant. Le végétalisme strict pour tout le monde n’est probablement pas une bonne option.

Vaut-il mieux devenir flexitarien ?

Principes du flexitarisme

Les flexitariens cherchent à réduire leur consommation de viande et représentent en France presque 1 personne sur 4. C’est beaucoup ! Mais l’objectif de réduire sa consommation de viande n’est pas suffisant, car si certaines viandes sont très émettrices, d’autres le sont beaucoup moins, et d’autres aliments posent problème. Peut-être peut-on envisager un flexitarisme « climatique », élargi à toutes les catégories d’aliments très émettrices ? Le problème actuel des flexitariens guette ce flexitarisme « climatique » : seul(e) 1 flexitarien(ne) sur 2 environ réduit vraiment sa consommation de viande... Cette fois, le problème est probablement la trop grande souplesse du régime. Pour atteindre des objectifs, il est généralement recommandé de bien les préciser, par exemple en se disant que le dîner ne comporte jamais de viande, ou que les week-ends sont des jours sans viande.

L'essentiel est de réduire les émissions !

Reduire

La question n’est plus de devenir ou être adepte de tel ou tel régime, mais de faire en sorte que les émissions de mon alimentation diminuent autant que possible !

Si je me demande maintenant « que puis-je faire ? », la littérature scientifique propose d’autres options :

  • arrêter les aliments issus de ruminants (viande et produits laitiers) mais continuer à manger en petite quantités du porc, de la volaille et des œufs serait plus efficace pour réduire les émissions de gaz à effet de serre qu’une alimentation végétarienne classique (avec produits laitiers et œufs),

  • une alimentation végétarienne sans produits laitiers ni produits de la mer mais avec des œufs (et une toute petite quantité de volaille, puisqu'il faut bien manger la poule à un moment) est plus efficace encore (Theurl et al. 2020).

Suivre strictement les recommandations nutritionnelles actuelles, en les tirant dans un sens favorable au climat, serait aussi une manière de réduire les émissions de gaz à effet de serre de mon alimentation : le programme national « nutrition santé » (PNNS 4 2019-2023, p. 40) incite à privilégier la volaille et à limiter les autres viandes, à réduire la consommation de produits sucrés (y compris les sodas), et à ne consommer que deux portions de laitages par jour (par exemple 30g de fromage et un yaourt de 125g ou 125ml de lait). Appliquées de manière rigoureuse, ces recommandations amènent une division par deux des émissions de l’alimentation de la population, ce qui équivaut à la performance d’un régime végétarien.

Finalement, un objectif raisonnable pour aller vers une alimentation à faible impact climatique est de réduire la part des aliments les plus contributeurs aux émissions de gaz à effet de serre de façon précise, en mesurant l’évolution du bilan carbone de mon alimentation, pour vérifier que je parviens bien à réduire mon impact, et à aller aussi loin que je le peux dans cette direction, progressivement.

Cela implique de recentrer l’alimentation autour des éléments les moins émetteurs, en particulier les légumes et fruits de saison, les féculents (céréales, pommes de terre...), les légumineuses (lentilles, haricots, pois…) et les fruits à coque (amandes, noix...).

Pour cela, il faut que je constitue mon répertoire de recettes à faible impact. La formation me proposera deux outils : des préparations de base à décliner au fil des saisons (tartes, salades...), dans chaque module, et des recettes de légumes que je recevrai chaque semaine si je m'inscris à la liste de discussion. En combinant les deux, je pourrai préparer un grand nombre de repas à faible impact, en toute saison, pour différentes circonstances (repas familial, repas individuel, repas à emporter...).

Pour avoir une première idée des objectifs que je peux me donner par catégorie d’aliments, je peux utiliser ce tableau (.ods ou .xlsx), et le comparer à celui des estimations si je l’ai rempli en 0.3. Comme précédemment, il suffit que j’indique la consommation quotidienne de chaque catégorie d’aliment, et les émissions, leur répartition et leur total seront calculées automatiquement. Je peux conserver soigneusement ce tableau pour repérer dans la suite de la formation tous les outils pour atteindre ces objectifs.